Sommes-nous à l’ère de l’égo-food?

Sommes-nous à l’ère de l’égo-food?
Omalley

Je ne vous parle pas d’un selfie avec un chef-vedette-tatoué ni des blogueurs qui ont la maudite manie de photographier tout, tout, tout, ce qu’ils engouffrent.
Je me demande si on se définit par ce que nous mangeons, au point où cette action définit notre personnalité au même sens que la musique que nous écoutions, nous classait en genre dans les années 80?

La nourriture représente quoi pour vous ? Une religion ? Un credo ? Un art de vivre ? Le diable en bouchées ?

On en fait régulièrement un thème de films, c’est la matière première de magazines spécialisés, elle est discutée sur toutes les tribunes, critiquée par tout un chacun et bientôt érigée en festival. Statistiquement, la bouffe est le troisième sujet le plus évoqué sur Instagram. Il représente un terreau fertile et sans limite sur lequel plusieurs aiment s’aventurer.

Que dire du frigo québecois ? Imaginez celui-ci il y a 10 ans, en comparaison au vôtre au moment où vous lisez ces lignes. Yogourt grec, curry rouge, caramel balsamique, chocolat noir salé, fromage au lait cru sont des éléments devenus langage courant et désormais faciles d’accès. Sucré, salé, amer, acide et même umami sont des saveurs que l’on cherche à atteindre à chaque repas ou même à chaque bouchée tellement elles sont devenues pointues.

Dans ce monde devenu résolument « food », une motivation universelle prévaut : le goût, avec en tête, le plaisir instantané. L’orgasme assouvi par la déglutition de nos envies. Derrière ce goût : un peu de notre histoire, beaucoup de notre personnalité. En version fashion, une chose est certaine, la bouffe 2015 ne rime plus du tout avec corvée domestique. Alors qu’on assiste à l’ébullition médiatique des chefs cuisiniers au Québec, et qu’on a presqu’érigé ceux-ci au rang de héros, on peut désormais affirmer que la cuisine s’est démocratisée et raffinée. Quant au repas, n’est-il pas un terme à conjuguer au moment présent, loin de la télé, du iPad et du cellulaire ? Je pense que c’est la recette de base à respecter afin de maximiser les termes que sont partage, discussion, écoute et rire.

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