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Accès: Le temps de l’engagement

Par Éric-Olivier Dallard


Pour l’identité de notre communauté

Il est des moments-clé dans l’histoire d’une communauté.

Il est des instants décisifs dans la définition de l’identité d’une région.

Il est des débats dont l’importance des enjeux commande qu’ils soient traités différemment.

Quand on fait du journalisme, l’un des principes de base, sacro-saint, est l’objectivité journalistique; le journaliste observe et rapporte.

Un journal doit se borner à transmettre l’information; les meilleurs journaux savent mettre en perspective, «contextualiser» l’information, donner une résonance presque sociologique à certains dossiers, à certaines couvertures médiatiques. Et savent oser des questions et des regards différents.

Et puis, je le redis, il y a des sujets aux questions fondamentales.

Ceux-là se présentent quelques fois seulement dans la vie d’une publication. Il faut savoir les reconnaître. Ils commandent un engagement, à l’encontre des règles déontologiques classiques du journalisme. Ce fut par exemple le cas au Québec lors de l’accord du Lac Meech, alors que des hebdomadaires et des quotidiens ont choisi de prendre position et d’influencer les acteurs sociaux dans une direction bien précise. Ce fut encore le cas en Ontario, quand la province avait décidé de fermer son seul hôpital francophone: le quotidien Le Droit, du groupe Gesca, avait pris une part active à la défense de la survie de l’endroit…

Ces moments qui se présentent, leur importance, commandent que, d’observateur, un média devienne acteur de l’information, s’implique activement dans la discussion, prenne part aux échanges. Je le répète: tout cela à l’encontre même des traditions journalistiques d’objectivité établies.

Dès cette semaine, Accès choisit donc de sauter dans l’arène d’un débat qui engage notre avenir à tous; un débat qui va définir, pour des générations à venir, notre identité; un débat dont l’issue nous dira et dira au monde: «Voilà qui nous sommes.»

La récente consultation publique sur le futur aménagement des espaces verts de la région a permis aux observateurs attentifs de dégager au moins trois certitudes:

1. Il faut à tout prix préserver les sentiers patrimoniaux (tracés par des pionniers comme Jack Rabbit, et dont plusieurs existent encore – voir la chronique de l’éditrice Josée Pilotte en page 5 de cette édition d’Accès); en fait, la formidable concentration de ces sentiers sur notre territoire est un trésor inestimable qui doit être protégé et mis en valeur.

2. La mise en œuvre de cette protection est un processus assez simple, et plusieurs avenues s’offrent dans la négociation avec les propriétaires des terres sur lesquelles passent ces sentiers: possibilités de crédit de taxes foncières; signature de documents officiels les dégageant de toute responsabilité en cas d’incident (en ce qui concerne la responsabilité des municipalités ou de la MRC, des assureurs spécialisés dans la couverture de ce genre de risques existent et offrent des produits fort avantageux).

3. Le récent Regroupement des usagers non-motorisés de sentiers des Laurentides possède une expertise inestimable… et la toute la beauté de ce Regroupement, c’est qu’il offre gracieusement cette expertise et une somme inimaginable de renseignements et de ressources aux élus afin de faciliter la mise en œuvre d’un plan de protection adéquat; bref: la région peut bénéficier de consultants de valeur dans un dossier d’ampleur régionale (et même nationale) aux résonances inégalées.

Toute l’urgence de ce débat vient de plus loin que des seules considérations de bien-être général et de santé de la population, de plus loin que des seules considérations selon lesquelles l’usage et le développement de tels sentiers contribuent à l’essor économique de notre secteur récréotouristique, toutes des considérations qui sont pourtant déjà importantes.

Mais surtout, toute l’urgence de ce débat naît de ce qu’il est identitaire.

Parce que c’est là que nous voulons vivre.

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