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Affaire Bernier: du bonbon pour les journalistes jaunes

Par stephane-gendron

L’Affaire Bernier est close non pas à cause de Julie Couillard mais plutôt par défaut de compétence. Tôt ou tard, le Ministre Bernier aurait été remanié ailleurs. Cette fois-ci, il a été remanié chez-lui. La des-cente est beaucoup plus brutale.
À l’époque, tout le monde sur la scène nationale avait été surpris, voir même étonné, de son élection pour les Conservateurs. Après analyse de la campagne, on s’était souvenu que le père – Gilles, un ancien député conservateur devenu indépendant puis ex-ambassadeur canadien – avait encore une grande réputation dans le milieu beauceron et que Maxime avait fait son devoir de candidat en visitant pratiquement chaque maison de sa circonscription. Il s‚agissait d’une victoire méritée d’un fils de la région. Obscur Ministre de l’Industrie, il fallait une limousine en Beauce et au Québec, et Harper devait garantir une représentativité du Québec au sein de son Cabinet, un détour incontournable de la politique canadienne. Une fois nommé Ministre de l’Industrie – un poste junior au sein du Cabinet fédéral – on avait vaguement entendu parler de lui, sauf dans un dossier de déréglementation qui s’était déroulé «sans gaffe» vis-à-vis du crédo conservateur du délestement de l’État et de la libre-concurrence économique. Pendant ce temps, Peter MacKay faisait rire de lui à titre de caniche de Condoleezza Rice, surtout lors d’une conférence à Rome où il était passé pour le porteur de valise des américains dans les multiples crises associées au monde arabe. Pas étonnant lorsque l’on constate que Harper avait lui-même la réputation de nez brun de Bush 43 (43e Président à ne pas confondre avec son père, Bush 41). Harper s’intéresse plus à l’histoire du hockey canadien qu’à la scène internationale. Voilà l’explication de l’Affaire Julie Couillard ou de l’Affaire Maxime Bernier. Comme dirait l’autre: «Tu ne peux pas donner à l’autre ce que tu n’as pas toi-même.» L’Affaire Bernier, c’est aussi un peu comme l’Affaire Fortier, cet Ex-Délégué Général du Québec à New York. Une autre personne qui a mal digéré ses fonctions de diplomate. Dans les deux cas, les responsables de ces gaffes sont les Premiers Ministres qui ont mal choisi les membres de leur cabinet respectif. Qui aurait cru deux secondes que Maxime Bernier ait les connaissances et les habiletés pour être chef de la diplomatie étrangère du Canada. Nous sommes loin de l’époque où le Canada avait uns stature internationale avec Lester B. Pearson ou Pierre E. Trudeau. Pas étonnant – me direz-vous – lorsque l’on succède à pire que soi – Peter MacKay. Voilà deux individus avec bien peu de compétences pour une telle fonction. Bernier aurait fait un meilleur job ailleurs, mais il est difficile de dire non à l’appel du Premier Ministre. Re-viendra-t-il au Cabinet avant le prochain scrutin fédéral? Une ascension trop haute et trop rapide. Personne n’est à l’abri d’une telle gaffe du patron. Quant à la très belle Julie Couil-lard… On a voulu la présenter comme la pauvre Ève du livre de la Genèse, celle par qui le «péché» est entré dans l’Humanité. Certains l’ont déclarée coupable par association alors qu’elle a un dossier vierge. Dommage pour elle. Ce fut du bonbon pour les journalistes jaunes.

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