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Ah! si mon moine voulait danser!

Par Josée Pilotte

Adieu à nos églises?

Imaginez le condo en plein centre du village, au cœur du parc Georges-Filion… Imaginez le condo au sommet du plus haut édifice, un cachet fou, dominant toute la vallée de Saint Sauveur. Imaginez le condo, carrément dans le clocher de l’église.

Vous pensez que je délire? Pantoute: mon rédac en a visité un, condo dans un clocher, à Québec dans le quartier St-Roch. Imaginez le désastre pour notre communauté, son histoire, son Cœur; je n’ose l’imaginer. Mais, comme tout semble prendre le bord de nos jours: les tabous, la morale, l’étiquette, les idéaux, le sens du respect, le sacré… Pourquoi pas les églises, nos églises?

Saint-Sauveur ne peut faire fi d’une situation maintenant courante, puisqu’au Québec plusieurs églises vides de croyants, ont dû innover en transformant leurs lieux de prières en d’autres types de communions, plus «multiculturelles». Sacrifiés, «nos chateaux», sur l’autel capitaliste, transfigurés en restaurants, en théatres, en condos, en bars, en d’autres cieux. Comme à Kingsley Falls, avec le restaurant Le Temps des Cerises qui, avec sa terrasse, s’est mérité en 2001 un grand prix du tourisme. Saint-Sauveur n’a pas d’autre choix que d’y réfléchir à son tour même si son église semble, pour l’instant, bien en «chair». Le directeur de la Chambre de commerce, Pierre Urquhart, de passage à nos bureaux la semaine dernière, témoignait de l’inquiétude qu’a soulevé l’article publié dans un journal de la région («Changement de vocation pour l’église de Saint-Sauveur»): «Les gens m’interpellent dans la rue: “tu veux prendre possession de notre église Urquhart?” «Moi, je ne veux rien, mais je suis obligé d’admettre que j’ai vu des choses dans plusieurs églises du Québec, des idées pas mal trippantes pour sauver nos églises, dont un party de homards en Gaspésie, qui s’est déroulé dans le plus grand respect des lieux, et ça ne m’a pas choqué. Nullement. «Bon, j’avoue que les premières minutes, tu te sens un brin bizarre, prendre ton p’tit rouge ou ta bière dans la nef de l’église, mais ça finit vite par passer…»

Je comprends la Fabrique d’être sur ses gardes et, franchement, c’est son travail; elle se doit de veiller à l’intégrité de sa communauté, au sacré des lieux, aux symbolismes du bercau d’une nation.

Un peu triste au fond notre façon de nous soustraire de tous les symboles religieux, crucifix dans nos institutions, catéchèse dans nos salles de cours, sapins de Noël de nos Noël, les prières de nos conseils de Ville, etc, etc. Peuple de contradictions! On veut baptiser nos enfants à l’ÉGLISE, on veut l’eau bénite, «bienvenue dans la grande famille du Seigneur». Peuple de contradictions! On veut se marier en robe blanche, «vous pouvez embrasser la mariée». On veut, on veut… oui, je le veux Chéri!

Je ne crois pas que les mosquées, quant à elles, soient en voie d’extinction ou en voie de se convertir en lieu de «rave party» comme il fut un temps à l’église Saint-Antoine de Saint-Jérôme, maintenant démolie et remplacée… par une pharmacie!

C’est plutôt un phénomène propre à nous, Québécois, nous mêmes qui nous prosternons devant Notre-Dame-de-Paris ou l’église de la Vierge Noire en Pologne et toutes les églises de ce monde… Chez nous, on se prosterne devant le dernier show d’humour… dans une église près chez vous….

On peut pleurer cette triste traversée du désert des fidèles (peut-être a-t-on jeté Dieu avec l’eau du bain?)… Mais on peut aussi fièrement applaudir des hommes qui, par conviction et par souci de conserver le patrimoine sacré d’un village, se tournent avec vision vers un lendemain qui, à défaut d’être religieux, restera respectueux des symboles historiques: permettre à ceux et celles de demain de s’exprimer dans ces lieux chargés d’humanité, dans une nouvelle communion, pour une nouvelle union.

Mais.

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