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L’hiver c’est l’hiver

Par Production Accès

Ah cet hiver, et toutes ces mitaines qui se perdront… Ce froid qui nous pince les joues! Janvier achève et février pointera bientôt le bout de son nez gelé. En tout cas, le type qui a voulu que février soit le mois le plus court de l’année savait ce qu’il faisait. J’écris ça pour ceux qui déteste la saison froide. Dites-vous bien que s’il n’y avait pas d’hiver le printemps ne serait pas si agréable.

Ce matin-là, j’ai su en me levant que la journée serait très froide. Ça se sentait dans l’air. Même pas besoin d’écouter la météo, mon cellulaire indiquait -22 C. Aucune chance d’arriver face à face avec un maringoin. Avez-vous remarqué que même les véritables tempêtes n’existent presque plus? Je parle des Laurentides. C’est passé date, comme une mode. On a plutôt droit à de la ch’noutte : verglas, grésil, neige et pluie. Un beau cocktail. Toute petite, les vraies tempêtes devenaient des faits d’hiver. Rafales, poudreries, le vent balayait tout sur son passage. Il tombait quelques pieds de neige. Je me souviens de l’un de nos mauvais coups avec mon ami Jean-Jean.

Nous avions attendu que la charrue déambule dans la rue avec son souffleur. Une fois passée, nous avions jeté dans la neige, de vieilles bottes, un foulard de laine découpé en morceau, un manteau de ski délabré le tout arrosé de ketchup Heinz faisant ainsi croire au conducteur qu’il venait de découper un enfant. Je sais ce n’était pas une bonne idée…La gars avait failli mourir d’une syncope et j’ai été quitte pour une belle remontrance. Pas si belle que ça, finalement.

Donc, cette journée s’annonçait plutôt crispée. Oui oui, une journée où tout crissait, les pneus comme les gens. Sur le trottoir, ça faisait cric-crac-croc. Une journée céréales… Mais je me sentais d’excellente humeur et dans une forme splendide. Je me disais que ce n’était pas quelques degrés en bas de la ceinture qui allaient altérer mon contentement. Je suis même allée faire ma promenade quotidienne, même mon cell a baissé son énergie quasi à zéro. Bon, j’ai écourté mon séjour extérieur et suis revenue plus tôt. J’ai déjeuné en me gratifiant d’un bon chocolat chaud avec une guimauve fondante plantée au milieu de ma tasse.

En arrivant à l’école, une collègue me dit qu’il faisait frett. On ne dit pas frett on dit froid. Non, répond-elle, frett c’est parce que c’est pire que le mot froid. Ah bon, pas grave, rien pour me faire perdre ma bonne humeur. J’ai réalisé alors que j’étais de garde dans la cour avec les élèves. Celle-là, je ne l’avais pas vu venir. J’aurais dû mettre mes combinaisons en laine avec dompeuse. Mais bon, je n’allais pas en crever. L’hiver c’est l’hiver. Rien pour gâcher ma journée.

Soudain, cette phrase qu’aucun parent ni prof ne désirent entendre : Mimi, c’est Julien, il a collé sa langue sur le poteau de fer de la balançoire. Bonté divine! J’ai couru jusqu’au fond de la cour.

Évidemment, Julien avait choisi le poteau le plus éloigné. Collé vous dites? Julien était soudé et moi, figée. Je lui ai dit : ne bouge pas en me rendant compte en même temps de ma phrase idiote. Déjà un autre prof arrivait à notre rescousse avec de l’eau froide. Problème réglé, problème de langue au Québec, c’est bien connu…mais quelle frousse autant de la part de l’enfant que de la mienne!

Le soir venu, j’avais le sourire satisfait de bouddha mais j’avais le lotus ben fatigué.

Je me suis enroulée dans une bonne couverture en regardant le feu de l’âtre crépiter et en rêvant à l’été.

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