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Qu’est-ce qu’on attend POUR ÊTRE HEUREUX?

Par Josée Pilotte

Vous savez que j’aime bien vous parler de mon jardin, de ce que j’y sème, des plantes qui y poussent et, même, de la mauvaise herbe aussi. J’aime bien vous partager mes indignations, soulever des débats, et parfois j’aime bien suggérer des solutions à nos élus.

Encore cette semaine, je vous amène avec moi sur les routes et les sentiers laurentiens. Ce sont eux qui m’ont amenée ici. Je sais que la plupart d’entre vous les avez suivis aussi. Vous comme moi avez choisi de vivre dans «le Nord» pour profiter de la nature dans l’harmonie avec elle.

Mais.

Je ne peux pas croire qu’on doive enlever nos skis de fond 524 (!) fois entre Saint-Jérôme et Piedmont, pour traverser 524 (!) intersections dont aucune n’est pensée en fonction de cette activité qui entraîne des retombées considérables de plus de 524M$ (!) dans notre région.

Je ne peux pas croire que le projet de jonction entre le Corridor aérobic et le Parc linéaire ne soit pas encore réalisé, sous prétexte notamment qu’on craint que certains passages soient trop… montagneux!

Je ne peux pas croire que les intervenants considèrent les marcheurs du Parc linéaire comme une «clientèle délinquante» parce qu’elle n’est pas représentée sur ses pictogrammes.

Je ne peux pas croire qu’on ne puisse pas s’inspirer d’endroits très proches de nous en termes géographique et climatique, comme du Lac Placid ou encore des célèbres Kingdom Trails de Burke au Vermont.

Je ne peux pas croire que des gens comme Lance Amstrong ou Foglia aient pris notre région en aversion, après avoir roulé sur nos routes post-beyrouthiennes, au point de ne plus vouloir jamais y reposer les roues.

Je ne peux pas croire qu’on ne s’empresse pas de préserver nos sentiers, nos montagnes, qui font partie intégrante de notre décor, de notre culture. Ce décor qui est en grande partie notre identité, notre carte de visite, notre Patrimoine.

Je ne peux pas croire qu’on soit si innocents que ça!

Si j’ai choisi de vivre dans les Laurentides, c’est parce qu’avoir mes skis encore enneigés dans mon bureau valait plus que la job à 150 000 piastres à Montréal. Parce que ma vie, la vie que j’ai choisie pour ma famille et moi, je la souhaitais loin du stress, des embouteillages, de la pollution…

Mais.

L’évènement a eu lieu dimanche dernier sur chemin du Mont Avila. Deux coureuses effectuent leur jogging, évitant tant bien que mal les nids de poules, les plaques de glace, font corps avec l’asphalte mal pavée, font corps avec le décor, n’ayant pas d’autre choix en fait puisque, avons-le, même si nos Laurentides offrent un environnement époustouflant et invitent à la santé et au sport, encore faut-il se frayer un chemin sur des chemins, disons-le, franchement hostiles au ski de fond, au vélo, au jogging, et même à la marche.

Les autos frôlent les deux joggeuses sans ralentir ni même s’en écarter un peu, les éclaboussent au passage allègrement.

Tout laisse croire qu’elles sont complètement invisibles aux automobilistes. Non, tiens!, pas à celui-ci qui, en signe d’encouragement, leur envoie, bien dressé… un Majeur bien droit, «fuck you, tasse-toi matante, pis pitche-toé dans le fossé s’il le faut, tu déranges mon espace, la route m’appartient, vroum-vroum…»

Dire que, dans certains pays, on donnerait à nos joggeuses des bouteilles d’eau pour les encourager…

Voyez-vous, il est tout là le problème, Messieurs les Élus: je n’aurais jamais imaginé qu’en choisissant de vivre ici et d’y pratiquer mes sports préférés je puisse mettre ma vie en péril. Jamais je n’aurais imaginé avoir peur d’envoyer mes enfants faire du vélo sur nos routes. Jamais je n’aurais pu imaginer que prendre une marche puisse être dangereux.

Alors dites-moi:
– À quand des sentiers protégés de l’invasion immobilière?
– À quand des pistes cyclables sécuritaires le long de nos routes?
– À quand la jonction entre le Corridor et le P’tit train du Nord…ça fait pas 10 ans qu’on en parle?
– À quand des actions concrètes, destinées à encourager une qualité de tourisme, récurrente et dont le passage sera bénéfique pour les sphères de notre économie?
– Et surtout: à quand des résolutions fermes à ce sujet?
À quand, Monsieur Garnier?

Un pas important a été franchi la semaine par une consultation publique, j’en conviens, et notre Préfet est clairement l’homme de la situation. Mais il ne faut pas simplement des idées, il faut passer à l’action…

Des coureurs des bois légendaires comme Jack Rabbit ont tracé des sentiers, des sentiers qui aujourd’hui peuvent être menacés, si nos élus et nous-mêmes, citoyens, ne nous engageons pas. C’est cela, très exactement, qu’offrent les Laurentides: un environnement vert, des sentiers d’une qualité rare. C’est cela qu’on nous envie. C’est pour cela qu’on nous choisit.

Bordel! Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?

AUTRE SUJET, LES TI-CASS! – Je pense que le port du casque obligatoire en ski va provoquer un vrai débat dans les Laurentides. La gauche va dire que si on soigne les blessés, on a le droit d’imposer une vitesse maximale en ski et le port du pare-chocs obligatoire (style URSS); le centre va dire qu’on devrait nous câlisser la paix au moins sur les pentes de ski… et la droite va dire que c’est 1984 de Orwell, le gouvernement dans vos bobettes!

Bref: ce sera peut-être ma chronique de la semaine prochaine… Avez-vous quelque chose à dire?

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