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La théorie du téton

Par Josée Pilotte

Sortons tambours et trompettes, nous avons gagné nos épaulettes, nos mères n’ont pas brûlé leurs brassières en vainc: si elles ont aujourd’hui le sein tombant, notre chèque de paye, lui, pointe le ciel.

Les féministes ont inventé le «push-up» de la sacoche. Réjouissiez-vous mesdames nous voilà presque égales aux hommes….

Une étude publiée cette semaine par l’Institut de la statistique du Québec révèle une

amélioration substantielle des gains des

travailleuses: alors qu’en 1981 les femmes

touchaient seulement 58% du salaire des hommes, 15 ans plus tard elles en sont à 76%, déclarant un revenu disponible de 22 840$ en moyenne, contre 30 244$ pour les hommes.

Voilà une bonne nouvelle!

Voilà une bonne nouvelle??

Parce qu’entre nous, devons-nous vraiment nous réjouir de ça encore en 2009? J’aime mieux me réjouir de ce que les femmes tapissent les universités, fortement majoritaires et même dans les disciplines traditionnellement «hommes» et traditionnellement «payantes» (médecine, droit, administration…).

Je vous prédis un revirement complet de la

situation, «boute-pour-boute»: dans 20 ans, c’est les mecs qui vont réclamer l’équité

salariale et même la discrimination positive.

Remarquez que ce ne sera guère mieux de se rejouir d’une avancée pour reculer de l’autre; c’est l’histoire du balancier de l’humanité.

Imaginez: presque un garçon sur 3 n’aura

jamais son displôme secondaire contre une seule fille sur 5. Imaginez: la proportion des femmes atteint 80% en première année de médecine, elles dominent aussi largement des départements prestigieux comme sciences biologiques, et des facultés aussi diverses que le droit, la médecine dentaire, vétérinaire, la pharmacie et, bien sûr, les sciences de

l’éducation. Des femmes mur-à-mur, avec des

displômes accrochés partout.

Entre vous et moi, j’aime mieux me faire

soigner par une femme médecin qui est à mon avis beaucoup plus humaine et empathique, c’est un beau coup de la discrimination positive. Mais dans la même foulée me faire protéger par une policière ou me faire secourir par une femme pompier… très peu pour moi. Si j’apprécie les apports de la

discrimation positive, je trouve que l’interdiction de la discrimination systémique, fondée notamment sur des critères physiques, en

apparence neutres, apporte son lot d’aberrations: vous ne me direz pas qu’il n’est pas plus sécurisant de se faire secourir par un pompier de 6 pieds 2 / deux-cents livres, au bout d’une échelle…. Systématisons bordel!!! Systéma­tisons…

Qui sait?, à ce rythme «elles», les chercheuses de demain, trouveront bien comment faire porter les bébés aux hommes. De toute façon, oubliez ça, on a pas le choix: ils seront les «bobonnes» au foyer des années 2000, à la fois au plumeau et au fourneau à faire du bon pouding chômeur.

Le 21e siècle sera féminin,

mais sera-t-il rose?

De quoi accouchera-t-il? D’enfants auto­suffisants, issus d’une génitrice et d’un gestateur, qui s’éduquent seuls, se gavent seuls.

S’autoaffectionnent. D’enfants idéalement majoritairement de sexe féminin… parce qu’on s’entend-tu pour se dire «mais qui donc voudra d’un gars sans études supérieures, qui travaillera au salaire minimum et qui torchera la maison?!»

Sortons tambours et trompettes les filles: d’ici peu le monde sera à nos pieds. Peut-être serons-nous seules au sommet. Seules, sans hommes, sans enfants, mais, Ô combien fières!

Nous serons enfin reconnues, accomplies,

appréciées de tous, et de toutes surtout…

Oui, nous y serons toutes debouts et fières comme un seul homme, vêtues en Chanel de la tête aux pieds, sur un champ de bataille, le canon de fusil encore fumant, le téton ferme pointant le ciel, le drapeau à la main, criant VICTOIRE!!!!

Ouain, et après?

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