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Saint-Sauveur, Ville Lumière

Par Josée Pilotte

16h29. Le soleil se couche, les lumières s’allument sur Saint-Sauveur. Si, pour certain novembre est signe de noirceur, pour Saint-Sauveur il semble que la lumière soit «the flavor of the month», la saveur du mois.

L’an dernier presque jour pour jour, j’écrivais sur l’éléphantesque, le titanesque «château» de «mon» maire qui brillait de tous ses feux, de jour comme de nuit. Je me questionnais alors, sur la nécessité de l’illuminer même la nuit en ces temps verts, anti- gaspillages.

J’eus droit alors à une discussion plutôt salée avec Monsieur le Maire, une discussion qui, je dois l’admettre, reste marquante jusqu’à aujourd’hui. Disons entre nous, pour rester dans la métaphore électrique: les fils se sont touchés… y’avait de l’électricité dans l’air, quoi!

Je suis désolée pour Monsieur le Maire, mais j’ai comme une rechute encore cette année alors que s’élèvent dans le ciel sauverois ses nouveaux lampadaires, monstres d’acier transformant la 364 en boulevard Taschereau.

Cette coupure sur laquelle on pose des lampadaires horribles, points de suture grossiers, laissera une cicatrice urbaine sur nos visiteurs comme une mauvaise première impression. Parce qu’on parle ici de l’entrée de notre village. Notre Village.

On a la nette impression de ne pas avoir quitté l’autoroute et pourtant nous sommes au cœur de Saint-Sauveur.

Ne vous méprenez pas sur mon propos: je n’ai rien contre l’élargissement de la 364 qui était un mal nécessaire à la fluidité de la circulation, facilitant l’accès aux touristes comme aux résidents. Mais. On ne peut pas fermer les yeux sur ce que Saint-Sauveur est devenu, mais on peut les ouvrir sur ce qu’il devient… c’est ce qu’on appelle avoir de la vision…

Monsieur le Maire en aurait-il manqué en alignant ses lampadaires d’autoroutes, décor idéal pour planter un nouveau boulevard Taschereau dès l’entrée du village? Parce que l’on parle bien ici, je vous le rappelle, de la porte d’entrée, de la signature de notre village.

Saint-Sauveur mérite un tapis rouge; on lui déroule du béton urbain et de l’acier gris. Résultat: une artère archi-commune comme il y a dans tous les Longueuil du Québec.

Le lampadaire est identitaire!

On revendique notre différence et nous en sommes fiers. On n’a qu’à voir tout ce que la Chambre de commence déploie pour nous nous faire rayonner ici et ailleurs, afin d’en être un peu plus convaincu.

Collectivement nous travaillons tous tellement forts pour nous forger une identité, peut-être que pour l’entrée de notre beau village, le fer forgé d’un luminaire décoratif aurait été de mise, il me semble que ses beaux lampadaires auraient bien «matché» notre bel hôtel de ville dont l’accès se fait par une grande et large allée, ornée d’un plant de 20 pieds de haut à son entrée, qui mène à l’entrée principale de l’édifice: on voit qu’ils n’ont pas manqué de vision ni de moyens pour faire bonne première impression, Place de la Mairie!

Sachant le souci que le conseil municipal a pour l’affichage commercial dans les rues sauveroises, il est vraiment surprenant qu’une immobilisation de 387 398$ sur, quoi…?, cinq, 10, 20 ans n’ait pas été retenue pour respecter le caractère champêtre du village. En tout cas, ce n’est certainement pas sous cet angle de vue qu’on va imprimer nos prochaines carte postales «I love Saint-Sauveur»…

Je ne veux pas chialer pour chialer, mais je crois que c’est le moment de penser que cette division psychologique qu’est la 364 doit être amoindrie de façon à ce que la montagne (Mont Saint-Sauveur), qui est le poumon de région, soit et demeure fusionnelle avec le village. Il faut penser des «ponts» entre la «rive gauche» et la «rive droite»…

Et vous, vous êtes de quel bord?

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