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Par Andre Berard

Infrastructures sanitaires inadéquates

Les infrastructures sanitaires de bon nombre de villes de la région des Laurentides sont inadéquates et incapables de répondre efficacement à la demande. Les pressions exercées sur les réseaux d’égouts, notamment par l’accélération du développement immobilier, posent un problème de taille aux municipalités dont les infrastructures sont désuètes, insuffisantes ou carrément mal entretenues. Plusieurs stations de pompage doivent de ce fait déverser leur «surplus» directement dans l’environnement, engendrant ainsi une foule de problèmes environnementaux et représentant un risque certain pour la santé publique. C’est le cas du tristement célèbre tuyau de la Rivière-du-Nord, situé au niveau du parc d’affaires La Rolland à Sainte-Adèle. Bien que le problème ne soit pas unique à cette ville, le site en question illustre bien le laxisme condamnable qui caractérise cette forme de pollution tant à Sainte-Adèle que dans les municipalités situées en aval et en amont de la rivière.

Fait troublant: pour des raisons qui demeurent obscures, le tuyau en question a été volontairement brisé, afin que son contenu se déverse directement dans la Rivière-du-Nord. Un bouillon répugnant composé, entre autres, de papier hygiénique, de condoms souillés, de serviettes hygiéniques, de sachets de drogue et de substances chimiques blanchâtres. Interrogés sur cette situation, les responsables adélois se sont contentés de faire une annonce promettant une solution temporaire qui consiste à installer un système de grille destiné à contenir les matières solides. Deux mois plus tard, aucune mesure n’a encore été appliquée. Notons que le déversement se produit à quelques mètres à peine en amont de la mise à l’eau de l’entreprise les excùursions de la Rivière-du-Nord. Plusieurs randonneurs ainsi que des familles viennent se balader à proximité du déversement sans qu’aucune enseigne les avertisse du danger. À plusieurs reprises, des locataires du parc d’affaires ont dû signaler aux promeneurs que leur chien s’abreuvait directement dans de l’eau souillée.

Selon nos sources, il existerait à Sainte-Adèle entre cinq et dix sites où les égouts se déversent directement et de façon régulière dans l’environnement. Les raisons évoquées parlent de l’état des infrastructures, mais également du mauvais fonctionnement de pompes et surtout du laxisme de certains responsables. Le principe en jeu: loin des yeux, loin du cœur. Les déversements se produisent en effet le plus souvent dans des endroits boisés et dans de petits ruisseaux peu fréquentés. Actuellement, deux stations de Sainte-Adèle déverseraient le contenu des égouts directement dans l’environnement. Il s’agit de la station du Paysan et de la station Dumouchel, située près du cimetière de Sainte-Adèle. L’odeur caractéristique qui se dégage du ruisseau qui court derrière la dernière demeure des Adélois ne laisse planer aucun doute.

L’impact de ce type de pollution sur la faune et la flore des cours d’eau est considérable. Les matières fécales présentes dans l’eau drainent une grande quantité d’oxygène lors de leur dégradation, privant ainsi la faune et la flore d’une part importante de cet élément essentiel à l’écologie des cours d’eau. Les déchets, comme les condoms et les serviettes hygiéniques, sont confondus avec de la nourriture par de nombreux oiseaux aqua­tiques qui périssent lentement, victimes d’occlusions in­tes­­tinales.

Alors que les enjeux reliés à l’eau sont mondialement reconnus comme prioritaires, il est étonnant de constater la lenteur avec laquelle les autorités traitent ce type de pollution. Des solutions existent pourtant et peuvent être appliquées rapidement afin de réduire considérablement les déversements d’é­gouts sanitaires. Parions que si ces mêmes déversements se produisaient sur les terrains des hôtels de Ville, les solutions seraient nombreuses, efficaces et durables.

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