Parc Cavaland : Pour l’amour des chevaux

par Joëlle Currat
Parc Cavaland : Pour l’amour des chevaux
Un spectacle équestre chez Cavaland. (Photo : André Chevrier)

Oubliez les démonstrations équestres où des montures rutilantes sont menées à la baguette. Chez Cavaland, situé à l’Estérel, les chevaux, souvent maltraités ou en route vers l’abattoir ont été sauvés et réhabilités.

 

Les petites filles rêvent souvent d’être chanteuse ou ballerine. Samuelle Ducrocq-Henry voulait être écuyère. Malheureusement, souffrant d’une maladie rénale, il lui était impossible de faire de l’équitation. C’était mal connaître la détermination de Samuelle qui, une fois guérie, a pu assouvir sa passion. À 25 ans, alors qu’elle réside en Abitibi, elle acquiert et dresse une petite jument qu’elle nomme Joee. Celle qui est devenue docteure en communication cherche à comprendre l’animal qui rue et la mord. Elle s’adresse alors à des chuchoteurs, ces rééducateurs qui utilisent des méthodes basées sur la compréhension du cheval et l’éthologie, comme dans le film de Robert Redford L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Après une intervention qui n’a duré que quelques minutes, sa jument est devenue douce comme un agneau. Ce fut une révélation pour Samuelle qui traite désormais ses chevaux avec le plus grand soin et dans la non-violence.

Des chevaux artistes

Un jour, dans un lieu où il y a des ventes d’animaux à l’encan, Samuelle décide d’acquérir un deuxième cheval, splendide et fougueux, ne pouvant se résoudre à le voir transformé en steak. Le cheval nommé Morgan fut le premier d’une longue liste à avoir trouvé refuge à Cavaland et à s’y produire en spectacle.

Même si les chevaux de ce parc sont des « rescapés », dont une jument aveugle et un cheval de corrida encorné par un taureau, les représentations auxquelles ils participent sont de grande qualité. Samuelle Ducrocq-Henry, aujourd’hui professeure dans le domaine des nouvelles technologies et des jeux vidéos, y a même intégré des avatars virtuels et des projections.

Les spectacles, comprenant une troupe de 18 artistes et 20 chevaux, sont présentés dans un théâtre équestre et à l’extérieur. Ce parc d’attraction offre également des cours d’équitation et propose des animations médiévales, des ateliers de soins des chevaux ou de communication équine, des baignades à cheval, la location d’espaces pour des formations en team building, un camp indien et toute une série d’activités axées sur l’amour et la connaissance du cheval.

Un domaine en péril

Malgré l’injection régulière de fonds personnels et une dévotion sans limite de Samuelle Ducrocq-Henry et de nombreux bénévoles, le parc Cavaland souffre d’un manque de financement pour pouvoir continuer à offrir les soins nécessaires à l’entretien des chevaux. En outre, des voisins ne leur facilitent pas la tâche en ayant lancé un référendum pour limiter les activités de Cavaland. Même si la ville et la MRC soutiennent ce projet, la propriétaire des lieux a déjà songé à vendre ou à déménager aux États-Unis. Espérons que ce bijou, un atout pour la communauté et un attrait touristique de grande valeur, puisse rester sur ses terres.

Première de la représentation de Cheval-artiste 2, les Amériques : 21 septembre 2019.

Pour info : www.cavaland.com

Présentation des chevaux

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