Parc Dufresne: la suite…

Par Journal Accès

L’acquisition du Parc Dufresne par les municipalités de Val Morin et Val David, avec laquelle Accès faisait sa manchette la semaine dernière, constitue un précédent qui peut servir à éclairer d’autres dossiers du genre dans la région, comme celui du Parc des Falaises (municipalités de Piedmont et Prévost). En effet, de nombreux enjeux semblables se retrouvent dans ces deux dossiers: patrimoine écologique à préserver, volontés communes des élus et des citoyens, propriété privée… L’expropriation n’est pas une panacée: le Parc Dufresne en donne l’exemple. Mais à quel prix?

Dans un entretien accordé à Accès avec beaucoup de générosité (et de lucidité!), Sylvain Cousineau éclaire le dossier comme seul un acteur impliqué au premier plan dans les événements peut le faire. Témoignage de l’intérieur, mis en contexte.
«Je veux passer à autre chose!» Le promoteur des Boisés Champêtres affirme avoir perdu quatre années de sa vie à se battre et plusieurs centaines de milliers de dollars pour préserver les terrains qu’il avait acquis en toute légalité. «Le partenariat que je proposais était probablement mieux que ça», conclu-t-il.
«Jusqu’à vendredi midi, les municipalités s’obstinaient encore», soutient Sylvain Cousineau, qui a confié que les deux parties sont finalement arrivées à une entente le 23 mars au soir. Lui qui voulait céder les pistes de ski de fond aux municipalités et les travaux d’opération à un groupe de gestion, s’est vu dépouiller de 778 acres de terrains. «Te battre contre une ville c’est quelque chose, affirme le promoteur, mais contre deux, c’est encore pire.» Selon l’homme d’affaires, des millions de dollars d’honoraires professionnels auraient pu être épargnés de part et d’autre si les municipalités n’avaient pas fait la sourde oreille. «Mes terrains représentaient l’ensemble de la Vallée de Saint-Sauveur. Les municipalités voulaient m’offrir 900 000 $ incluant tous les à-côtés, c’est ridicule!» Ne pouvant s’expliquer pourquoi la municipalité de Val-david avait refusé une offre à 50 000$ par an sur cinq ans à 5% d’intérêt sur un important secteur du parc, tout comme le Mont Plante à 400 000$, celui-ci estime qu’il a été victime d’une campagne de dénigrement et d’intimidation d’une rare violence. Le promoteur a déclaré qu’après s’être battu contre les planteurs de cannabis, les chasseurs et les skieurs qui passaient leur temps à défaire les clôtures et à intimider ses employés, il est grand temps de passer à autre chose. «À tous les jours je me suis levé le couteau entre les dents, il est temps que ça finisse.» Pour lui, il est clair que les citoyens n’ont pas les moyens de s’offrir un tel espace. «Val-David court à sa perte. Avec une pareille dette, comment la municipalité fera quand elle aura besoin d’un nouveau camion de pompiers?»

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