«Pas dans ma cour», clament les citoyens

Par Eric-Olivier Dallard
«Pas dans ma cour», clament les citoyens

 

Alors que le Comité permanent de la  santé de la chambre des Communes à Ottawa vient de déposer en début de semaine un «rapport final unanime» s’inquiétant de l’impact des micro-ondes sur la santé,  depuis quelques semaines, une nouvelle «tour» s’élève dans le paysage de Piedmont, sur la 117, à quelques centaines de mètres de la rue Principale… et de nombreuses résidences.

 

Cette antenne, un monopode, sert à relayer le signal de Videotron sur une partie de la région… Une installation «temporaire» selon le maire de l’endroit, Clément Cardin: «Videotron devrait au cours des prochains mois transférer ce relai sur l’antenne de Telus, déjà existante sur la rue du Cap; l’on m’a assuré donc que cette situation était temporaire.» Cependant, à la lecture des échanges intervenus entre la Municipalité et Videotron, rien n’indique ce qu’entend Videotron par «installation temporaire». Malgré ce constat, le maire se veut rassurant: «Une redevance pour l’emplacement de Videotron sur la rue du Cap a déjà commencé à nous être versée… et puis, vous savez, le monopode actuel, sur la 117, étant situé au fond d’une vallée, ne doit pas être d’une grande efficacité… ça me semble deux arguments qui confirment l’aspect temporaire de la situation.»

 

Inquiétudes

Certains citoyens dont les résidences sont situées à proximité du monopode de Videotron, eux, s’inquiètent: «J’aime les Laurentides notamment pour la qualité de vie que l’on y retrouve, incluant l’aspect vie saine et santé de la région, rappelle François Trudeau, un  jeune père de famille habitant à quelques centaines de mètres du monopode. Oui, je m’inquiète: il y a des familles, des enfants, peut-être des cancéreux en traitement qui vivent ici. Il me semble que l’on commence à avoir une bonne idée de l’impact probable des micro-ondes sur la santé… Une telle installation va-t-elle vraiment dans le sens des valeurs de Piedmont?»

 

Accès avait tiré la sonnette d’alarme

Il y a plus de deux ans, le journal Accès attirait l’attention du public sur la prolifération de ce type d’antenne sur le territoire laurentien, tout en rappelant certains dossiers tristement célèbres: « Entre 2000 et 2002, plusieurs cas de cancers ont été recensés au cégep André-Laurendeau. Après études, les champs électromagnétiques étaient pointés du doigt. L’affaire a été étouffée après une bataille d’experts et des conclusions nébuleuses d’un épidémiologiste, mais le contrat avec la compagnie de télécommunications n’a pas été renouvelé.»

 

Le dépot cette semaine du rapport du Comité permanent de la  santé de la chambre des Communes devrait relancer le débat. D’ici là M. Cardin reconnaît s’être plus concentré sur «l’aspect esthétique» de l’installation et du choix de son emplacement plutôt que sur l’aspect «santé publique»… tout en rappelant que les télécommunications demeurent de compétence fédérale.

 

 

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