Pénurie de main d’œuvre : Inquiétudes à l’arrivée des vacances de la construction

Par Marie-Catherine Goudreau
Pénurie de main d’œuvre : Inquiétudes à l’arrivée des vacances de la construction
Le restaurant Spago à Sainte-Adèle est désormais fermé les midis, en raison du manque de personnel (Photo : Marie-Catherine Goudreau)

Les restaurateurs de la région sont inquiets à l’arrivée des vacances de la construction, période qui est fort achalandée dans les Pays-d’en-Haut chaque année.

« Panique ! », c’est ce que ressent le propriétaire du restaurant Spago, Louis Desjardins, quand on lui demande comment il voit l’arrivée des vacances. « Ça fait plus de 30 ans que je suis dans la restauration et je n’ai jamais vécu ça. »

Se serrer les coudes

La semaine dernière, le restaurateur a décidé de fermer ses « Midis express » en raison du manque de personnel. « Il fallait faire des choix. Si on ne voulait pas épuiser notre personnel qui travaille avec nous actuellement, on a dû restreindre nos heures d’ouverture », explique M. Desjardins. Cette décision a été difficile, comme la clientèle du midi a pris des années à obtenir, ajoute-t-il. « Mais un soir vaut trois midis, donc on n’a pas le choix de restructurer. »

Bien que les anciens employés soient restés, beaucoup de jeunes de son équipe se sont tournés vers d’autres emplois durant la pandémie, alors que la restauration était incertaine. « Ceux qui veulent travailler sont moins flexibles et veulent seulement travailler deux jours par exemple. »

« Je dis à mon équipe de se serrer les coudes, qu’il nous reste un gros mois et après ça va se calmer. » Il croit que n’importe quel renfort serait utile, même si c’est seule-ment pour quelques semaines, pour venir donner un coup de main à durant cette période achalandée.

Du côté des jeunes

Selon Yann Pineault, directeur général du Carrefour jeunesse-emploi des Laurentides, la pénurie de main d’œuvre était un problème qui était présent avant la pandémie, mais qui a été accentué. « Les jeunes ont l’embarras du choix en ce moment, donc ils seront plus « picky » et ils vont chercher la meilleure expérience de travail possible », souligne-t-il.

« Parfois, il arrive que les jeunes ne trouvent pas le marché du travail actuel attrayant », explique M. Pineault. Selon lui, la pandémie a permis à certains de prendre un pas de recul et de se questionner sur leur avenir. Beaucoup de jeunes ont décidé de retourner aux études par exemple. La saisonnalité et la précarité des emplois dans l’industrie touristique entrent aussi en jeu.

Des besoins qui sont en contradiction

« Les jeunes recherchent beaucoup de flexibilité et parfois, ça entre en contradiction avec les besoins des employeurs, comme les restaurateurs », ajoute-t-il. Ils cherchent aussi à avoir une stabilité, se développer professionnellement et avoir une belle ambiance de travail.

« Je pense que c’est important d’avoir ce sentiment de groupe et de travail d’équipe, notamment dans les restaurants. C’est un incitatif. »

En ce moment, les jeunes qui ne sont pas en emploi – dans un contexte de plein emploi – sont souvent ceux qui ont des défis particuliers. Cela peut amener certaines problématiques avec les employeurs. « Je pense que la majorité des jeunes n’ont pas des besoins extravagants et qu’ils sont motivés à travailler. Ils veulent aussi une expérience de travail enrichissante et avoir la possibilité de se développer », explique M. Pinneault.

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