Père et fils au sommet du Kilimandjaro

Par Nathalie Deraspe
Père et fils au sommet du Kilimandjaro

Le pilote d’hélicoptère Michel Careau, de Piedmont, est passé du haut des airs au sommet des cieux. Il a entraîné dans sa course son fils de 16 ans. Une aventure au bénéfice des enfants handicapés certes, mais qui leur a permis de se prouver une fois de plus combien ils sont chanceux d’être en forme et en santé.
«Ça faisait trois ans que l’annonce traînait sur mon bureau. Ça disait: Quel sera votre défi?», raconte Michel Careau. Un jour, l’ex-employé de Pierre Péladeau se décide (il conduisait le fondateur de Quebecor dans ses fonctions). Après plusieurs coups de fils et démarches infructueuses, deux de ses amis l’interpellent. «Il reste deux places pour grimper le Kilimandjaro, t’embarques?» La réponse a été instantanée. À sa rentrée d’école, Francis a appris la nouvelle. Il allait escalader l’un des sept sommets du monde avec son père. «Je savais à l’avance qu’il allait accepter, dit Michel convaincant. Il s’amusait comme un fou chaque fois que je l’emmenais faire du vélo de montagne ou de la raquette extrême.»

Mais s’engager pour la Société des enfants handicapés du Québec, ça voulait dire solliciter l’entourage et user d’imagination pour amasser des fonds. Après tout, l’objectif était de taille: 7 000$. À lui seul, le voyage allait nécessiter des dépenses qui grugeraient plus des deux tiers de cette somme.
«Au départ, on était sept personnes de la région qui envisageaient de partir. Mais le 28 décembre, nous étions trois à l’aéroport.»

Rencontre au sommet

Même si père et fils étaient en excellente forme physique, tous deux savaient qu’il fallait prévoir un entraînement supplémentaire avant le départ. Coup de malchance, Michel se casse un jambe et reste immobilisé durant six semaines. Quinze jours avant la fête de l’Action de Grâce, il subit une opération. Michel est nerveux. L’ascension a lieu dans moins de trois mois. Il fait fi des recommandations de son médecin et part avec Francis affronter coup sur coup le Mont Washington, considéré comme le plus haut sommet du nord-est des États-Unis, puis le Madison. «Ça nous donnait l’idée de ce qu’allait être une seule journée là-bas, nous disait-on.» Sa jambe lui faisait toujours mal mais c’était pour l’expéditionniste, la seule façon de mesurer sa détermination.

Le 1er janvier au matin, Michel et Francis font partie des 25 courageux qui ont choisi comme eux de relever le défi. Le long cortège s’apprête à marcher durant huit jours, se contentant de courtes haltes, à braver le froid et le vent, et n’ayant d’autre choix que de laisser libre cours aux caprices de la montagne. En janvier, 80 Québécois ont réussi cet exploit pour les enfants handicapés ou malades.
«Le pire, confie Francis, c’est l’ascension finale. Il faut partir à 11 heures du soir pour arriver au sommet au lever du jour. On a marché presque toute la nuit sans s’arrêter.» «Vers une heure, le vent s’est levé, renchérit Michel. Il ne fallait pas trop bouger parce qu’on perdait l’équilibre. Et à part les lampes frontales de nos collègues, on ne voyait strictement rien!»

Aux lueurs du jour, à 5 895 mètres de leur point de départ, l’apothéose. «La montagne ne dévoile pas ses secrets cachés. Le jour se lève comme par magie sur le glacier. Il n’y a rien qui peut remplacer ce sentiment de grandeur.»

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