Perspective

Par Jean-Claude Tremblay
Perspective
jctremblayinc@gmail.com

Au moment d’écrire ces lignes, on sait qu’il y a deux jeunes étoiles de plus dans le ciel. Nos têtes avides de rationalité veulent connaître les sordides détails d’une vérité que nos cœurs meurtris ont déjà réalisée.  On ne connaît pas encore les circonstances ni le pourquoi du comment, mais notre mémoire collective, elle, elle sait.  Elle le sait, car elle reconnaît l’air et les paroles de cette triste chanson, celle qui est venue nous hanter quelques fois (de trop) ces dernières années.

 

C’est l’âme tordue et les larmes sur le pilote automatique que j’ai reçu cette nouvelle.  J’ai fait une réalisation que je vous partage : vous savez ce qui est pire que la question « pourquoi ? », lorsque l’on assiste à un tel drame ? C’est la question « encore ? ».      

Quand le mal déménage

J’ai rédigé cette chronique dans le plus grand des tiraillements, à chaud, confus, estomaqué par la lourdeur (différente) des plus récentes nouvelles touchant ledit drame, et le retour du #MoiAussi. Pour cause, puisqu’on ne parle que de Covid-19 et de ses multiples « produits » dérivés depuis des mois. D’ailleurs, le sujet a tellement dérapé… d’un virus sérieux qui tue des humains, c’est rendu une chasse aux sorcières et un triste spectacle, exacerbés par les réseaux sociaux et certains médias qui trouvent chaque jour de nouveaux angles « sensationnels » pour vendre en toute impunité.

Les spécialistes, les politiciens, les pseudoscientifiques, les conspirationnistes, les manifestants, tout le monde s’est prononcé sur le sérieux (ou non) du virus, sur les couvre-visages et sur les gouttelettes, qui semblent aussi magiques que la balle qui a tué le président Kennedy. Bref, nos cerveaux étaient pris dans un tourbillon de variations sur un même thème, quand tout à coup, bang, on a reçu un coup de poêle en fonte en plein dans notre dentier – un qui redonne une perspective humaine en nous ramenant devant notre miroir de fragilité.   

À une heure de remettre le présent papier à la rédaction, j’apprends que Québec rendra le port du masque obligatoire dans les endroits fermés, que le PM du Canada doit acheter un dictionnaire et consulter la définition des mots « conflits d’intérêts » et « éthique », que la PCU est en train de tuer des entreprises, et que plusieurs OSBL aidant des personnes atteintes de démences et de maladies apparentées ne peuvent toujours pas reprendre leurs précieuses activités.

J’apprends surtout que d’un côté, plusieurs hommes et certaines femmes croient (encore) que c’est OK de faire des remarques à caractère sexuelles déplacées, quand ce n’est pas carrément d’agresser, parfois avec une violence ajoutée qui dépasse mes capacités à comprendre, et à imaginer. De l’autre côté, je constate qu’un magistrat nommé Facebook ou Instagram peut faire déraper l’opinion publique et au final, causer plus de tort que d’amener de vérités.

Et malgré tout ce bruit… les deux petits visages qui apparaissent de façon prédominent dans mon esprit. Une image et des sentiments qui depuis l’annonce, me suivent partout dans mes aléas professionnels et dans mon train train de vie. J’ai soif de paix, et de douceur. Que cet événement serve à nous rappeler que nous avons tous un devoir de loyauté envers l’humain, et que notre malheur ne doit jamais être transposé à nos semblables, encore moins sur de jeunes pousses vulnérables dont nous avons la mission de protéger.

Je vous laisse avec la sagesse poétique et apaisante de Khalil Gibran, en vous partageant un passage du recueil « Le Prophète ».      

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont fils et filles du désir de Vie en lui-même. Ils viennent par vous, mais non de vous, et bien qu’ils soient avec vous, ce n’est pas à vous qu’ils appartiennent. »

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