Pesticides et engrais : L’Estérel procède à une mise à jour attendue par les citoyens

Par Luc Robert (initiative de journalisme local)
Pesticides et engrais : L’Estérel procède à une mise à jour attendue par les citoyens

5Le conseil de ville de l’Estérel compte se doter d’ici au printemps d’une politique de l’environnement, concernant l’application et le contrôle d’herbicides, de pesticides et d’engrais.

« Il est important pour nous de détenir un règlement pour contrôler ces substances. Nous sommes probablement les derniers à ne pas avoir une politique d’environnement à ce niveau, dans la MRC des Pays-d’en-Haut. Il faut protéger nos lacs dès maintenant », a soulevé le maire de l’endroit, M. Joseph Dydzak.

La politique d’environnement pourrait être adoptée dès la réunion du conseil du 19 mars. « L’application d’engrais peut être correct pour un potager ou une plate-bande, mais il doit y avoir des restrictions, entres autres, pour les gazons. C’est encore plus délicat avec les pesticides contrôlés. Ils ne peuvent être épandus lorsqu’il y a du vent, de la pluie. On doit légiférer au plus tôt », a expliqué la conseillère Christine Corriveau.

« On travaille sur le projet depuis juin dernier. On a fait des démarches auprès de l’Association des services d’horticulture ornementale du Québec (ASHOQ), afin d’amasser le plus de renseignements possibles sur le sujet. On a aussi consulté les compagnies qui appliquent ces produits dans notre secteur. L’idée, avec cette nouvelle politique, est que chaque firme ait son certificat d’approbation à l’hôtel de ville. Chacune devra démontrer ses qualifications pour détenir un permis. Il y aura des amendes pour ceux non-inscrits ou pris en flagrant délit. »

Mesures additionnelles

Lors des périodes d’épandages ou de vaporisation, les voisins devront être tenus au courant des manœuvres. « Des petites pancartes, plantées dans le sol, doivent aviser les voisins. Il y aura une procédure à suivre pour rendre le tout sécuritaire. Tu ne veux pas voir des enfants ou des animaux jouer sur un gazon qui vient d’être traité : ça peut être très toxique. »

La proximité des cours d’eau est aussi primordiale lors des opérations. « Il y a une procédure précise à suivre. Il ne doit pas y avoir d’applications à moins de 15 mètres d’un cours d’eau (bande riveraine) et de 30 mètres à proximité des puits. On veut protéger toutes nos sources d’eau », a-t-elle avisé.

Permis

La municipalité de l’Estérel entend garder un œil sur les citoyens et les compagnies à l’œuvre dans ce secteur bucolique des Laurentides. « Je ne pense pas que la certification des compagnies de traitements sera problématique. Nous les connaissons déjà, dans la majorité des cas. Elles devront détenir un permis annuel, au coût de 100 $, après avoir rempli des documents. Les compagnies vont devenir plus responsables. De toute manière, nos agents vont patrouiller les secteurs de la ville. Des sanctions de 1 000 à 2 000 $ pourraient être appliquées. »

« Nous avons l’intention de ne pas être trop punitifs au début. La sensibilisation et les rappels seront de mise auprès des citoyens. Il est connu qu’il y a toujours un 10 % de récalcitrants, lors de la mise en œuvre de nouvelles mesures. Dans la grande majorité des cas, lorsque tu informes les gens, ils finissent par se conformer. Ils comprennent qu’on y gagne tous à minimiser l’impact sur la santé et l’environnement, en utilisant correctement ces substances. »

Les citoyens peuvent appeler à l’hôtel de ville pour consulter le projet de règlement. Des modifications ou corrections peuvent être suggérées.

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