Pirates of the Caribbean At world’s end

Par Stephane Desjardins

Toute une galère

Impossible de rester indifférent face à ce troisième opus des Pirates, signé Gore Verbinski.Face à un tel déferlement d’effets spéciaux, de décors insensés, de costumes et de maquillages, on ne peut que s’amuser. Et ce divertissement livre la marchandise: on s’amuse!
Évidemment, j’aurais coupé au moins 30 minutes de ce récit qui part parfois dans toutes les directions. Mais n’est-ce pas le propre de cette série que d’offrir une histoire échevelée? Certains passages le sont. Vers la fin, notamment, alors que les différentes alliances, trahisons et tractations s’entremêlent jusqu’à former un véritable nœud de vipères. J’avais, je dois l’avouer, de la difficulté à me retrouver dans ces chassés-croisés. Et si vous n’avez pas vu le film précédent, vous aurez beaucoup de peine à comprendre vers quelles mers vogue ce navire.

On assiste donc ici à la conclusion d’une histoire commencée il y a plusieurs années. Le deuxième opus, Le Coffre du Mort, se terminait de façon spectaculaire: le capitaine Jack Sparrow était bouffé par le Kraken. Will et Élizabeth avaient décidé de le tirer des Limbes en faisant appel au capitaine Barbossa… qui fut ressuscité pour la cause.

Dans ce troisième volet, on assiste donc au sauvetage de Sparrow. Les pirates affronteront rien de moins que le fameux bord de la Terre, un concept antique, soit l’endroit où la mer se déversait dans le vide infini (quand l’humanité croyait que la Terre était plate).

Sparrow doit revenir à la vie car la confrérie des pirates fait face à son plus terrible ennemi: la Compagnie anglaise des Indes, qui a finalement convaincu, non sans chantage, le terrible capitaine du vaisseau fantôme le Hollandais Volant, Davey Jones. Le pirate au visage tentaculaire sillonne les mers et pulvérise les vaisseaux pirates partout où il passe. Pour affronter cette terrible menace, la confrérie doit se réunir au grand complet pour ramener à la vie une déesse de la mer dont un mauvais sort l’a emprisonnée dans un corps de femme. Vous découvrirez laquelle en voyant le film.

On assiste donc à une réunion pas piquée des vers de ces pirates venus de partout, et qui fait penser à une assemblée du Conseil de sécurité de l’ONU! Y apparaît le pirate le plus redouté de tous, gardien du Code des pirates, Sparrow père, personnifié par Keith Richards. Un caméo qui ne décevra pas ses fans.

On ne s’ennuie finalement pas durant les 168 minutes que dure ce film, qui se déguste davantage au cinéma que devant votre petit écran. Les acteurs livrent une prestation à la hauteur de ce qu’on s’attend d’eux: ils offrent des personnages caricaturaux avec conviction.L’ajout de Yun-Fat Chow, en méchant pirate chinois, est judicieux, mais le personnage est mal exploité. La multiplication de Sparrow en plusieurs copies de lui-même est également mal rendue.

Mais ce ne sont que détails: je dois me rendre à l’évidence, cette méga production est un bon film. Ce n’est pas ici du Rohmer, on se comprend. Mais comme divertissement, on a rarement vu mieux.

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