(Photo : Les Sommets)
Le ski de printemps aux Sommets.
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Ski : S’adapter, mot d’ordre de l’hiver

Par Marie-Catherine Goudreau

Les stations de ski et les groupes de plein air des Laurentides travaillent pour s’adapter aux nombreux changements de température qui leur ont donné du fil à retordre cette saison.

Le regroupement des Sommets a remarqué l’impact du manque de neige au Québec dans l’achalandage de ses stations, rapporte Christian Dufour, directeur marketing pour Les Sommets. « Les gens avec des passes de saison étaient au rendez-vous, mais les skieurs occasionnels étaient plus difficiles à convaincre », explique-t-il. Alors qu’il n’y avait pas beaucoup de neige au sud des Laurentides, les Sommets ont dû travailler davantage pour attirer les skieurs dans la région et expliquer que la neige est présente dans les montagnes. « Les Laurentides, on a été très choyés et chanceux cet hiver par rapport au reste du Québec. »

« C’est sûr que ç’a été plus difficile de travailler avec ces conditions climatiques. Somme toute, les stations du Québec ont fait un beau travail pour offrir des produits. C’est une preuve que l’industrie s’adapte à ces conditions météorologiques », explique-t-il. 

À Sainte-Adèle, les mois de janvier et février ont été plutôt bien pour le ski de fond. Malgré les températures et la pluie de la fin du mois de décembre, il y avait un bon fond dans les sentiers, ce qui a permis d’avoir de belles conditions pour janvier et février, explique le président de Plein air Sainte-Adèle (PASA), Daniel Bergeron.

« En ski de fond nordique, la neige fond et crée des ruisseaux, donc des sentiers mouillés. Puis, le dégel des lacs rend la pratique plus dangereuse et diminue l’ampleur du réseau », rapporte M. Bergeron.

Travailler en groupe et en amont

Depuis quelques années, les Sommets misent sur « la force du groupe », soutient M. Dufour. C’est-à-dire que les opérations vont diminuer dans certaines stations à certains moments pour concentrer les gens dans une montagne. « On va par exemple fermer des montagnes afin de préserver la neige et mieux la travailler. On concentre donc la clientèle à un endroit », explique-t-il. Par exemple, le début et la fin de la saison se font au Sommet Saint-Sauveur, tout comme le ski de soirée en semaine. 

En ski de fond, l’organisme PASA a travaillé en amont de la saison pour offrir de belles conditions dans les sentiers cet hiver. Les traceurs de sentiers ont travaillé la base des sentiers de ski pour « aplanir » les sentiers et avoir une base uniforme, explique le président de PASA. « On a un nouveau traceur cette année, Philippe Vermette, qui a mis énormément d’efforts pour offrir de belles conditions de sentiers. » 

Par exemple, en début de saison, le traceur a rempli les cavités et les trous avec des troncs d’arbres et de la terre, pour aplanir le sentier. « On a également remplacé certaines sections plus tortueuses par des itinéraires plus linéaires », explique M. Bergeron. Puis, durant toute la saison, les bénévoles de PASA étaient très assidus dans le traçage, possédant en plus un équipement plus moderne. « On a eu de très bons commentaires pour le traçage cette année. »

Des investissements pour s’adapter

Pour s’adapter aux hivers actuels, les Sommets misent entre autres sur l’enneigement et des équipements plus modernes et performants. « Les investissements faits dans les dernières années nous permettent de continuer à offrir un produit », dit M. Dufour. Les Sommets investissent plus de 2 M$ par année en enneigement. « On va continuer à produire de la neige, être plus efficace afin d’en faire plus avec moins d’énergie et de ressources. » Par ailleurs, les Sommets comptent rester ouverts jusqu’au 20 mai. 

« Les intempéries au Québec ne datent pas d’hier. Il faut savoir s’adapter et avoir l’équipement pour leur faire face. » 

– Christian Dufour

L’organisme PASA investit pour sa part dans les systèmes de drainage, car l’écoulement des eaux « est le pire ennemi des sentiers », soutient M. Bergeron. L’objectif est d’aménager en priorité les sentiers de ski de fond classique pour améliorer le drainage et aplanir les sentiers. « On a amorcé le travail cette année et l’année dernière, et on souhaite le poursuivre avec de nouvelles subventions dans le parc du Mont Loup-Garou », explique-t-il. Par la suite, ce sera au tour du réseau de ski nordique.

Le ski nordique a toutefois un double enjeu, soutient M. Bergeron. Il faut d’abord pérenniser les sentiers avant d’amorcer des travaux sur ceux-ci et d’investir.

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