Plus qu’une «Histoire de jouets»

Par Eric-Olivier Dallard
Plus qu’une «Histoire de jouets»

Noël: partager, apprendre

«Je suis chanceux, Maman…» – Julien Ménard
«C’était important pour moi que mon fils vive une telle expérience. C’est une prise de conscience et c’est une façon, tout en donnant, de redonner aussi à Noël sa pleine signification.» – Mary-Josée Gladu

Julien Ménard n’est plus tout à fait le même depuis Noël dernier. Il est des expériences de partage qui transforment le regard que l’on pose sur le monde; Julien en a vécu une en 2005: «J’ai compris la chance que j’avais… avant, jamais je n’aurais cru que des familles – des familles comme la nôtre, qui vivent près de chez nous – pouvaient vivre un tel dénuement.» Il parle à la fois avec sérénité et avec émotion de ce qu’il a vécu l’an dernier, une pause «humanitaire» dans la période festive de la fin de l’année.

En fait, c’est la mère de Julien, Mary-Josée Gladu, éditrice du journal Accès, qui a eu l’idée de contacter sa paroisse afin de s’enquérir des possibilités d’aider au cours de la période des Fêtes, pour un travail communautaire qu’avait à effectuer son fils dans le cadre du programme «International» de l’Académie Lafontaine. Le curé en poste lui a alors signifié qu’une famille de leur quartier était justement dans le besoin et apprécierait sans doute leur visite, la veille de Noël, puisqu’elle en avait fait la demande au diocèse. «Nous avons fait du porte-à-porte sur notre rue, afin de recueillir des dons qui ont servi, par la suite, à acheter de quoi remplir des sacs de cadeaux et victuailles, se souvient l’éditrice. Il faut comprendre que nous avons remis ces présents au nom de notre quartier, puisque presque tous ont donné.»

Pour Julien, recueillir les dons dans un premier temps, puis aller acheter ce qu’il jugeait qui pourrait faire plaisir à une famille, une famille un peu comme la sienne mais qui avait eu moins de chance, et enfin aller remettre le fruit de ce travail, la veille de Noël, en main propre à cette famille, fut bouleversant: «Si j’étais déjà un peu mal à l’aise au début, alors que j’approchais les gens de ma rue afin qu’ils se cotisent pour cette cause, quand je suis entré dans le sous-sol qu’habitait la mère et ses deux enfants que nous avons aidés, j’ai vraiment eu de la peine, j’avais une boule dans la gorge. Les murs, ça n’était que des rideaux… Je n’ai pas pu y rester trop longtemps tant j’étais émotif.» De la peine quand il a constaté comment vivait cette famille au quotidien, il en a ressenti; mais aussi une fierté à avoir contribué à faire pour celle-ci une différence durant la période des Fêtes, période ou la solitude et la pauvreté sont encore plus cruelles qu’en temps ordinaire. De retour dans le confort et la chaleur de la voiture de sa mère, c’est les larmes aux yeux qu’il a dit, tout simplement: «Je suis chanceux, Maman.»

L’attention aux autres était déjà une valeur fortement ancrée dans la famille de Julien: les discussions familiales y tournent régulièrement autour de ce que l’on peut apporter aux gens autour de soi. Mais côtoyer concrètement des gens beaucoup plus démunis que soi et chercher à leur apporter un peu de réconfort, c’est un pas de plus vers une compréhension plus grande encore.
«C’était important pour moi que mon fils vive une telle expérience. C’est une prise de conscience et c’est une façon, tout en donnant, de redonner à Noël sa pleine signification», résume Mary-Josée, qui renouvellera l’expérience cette année, toujours accompagnée de son fils.

ENCADRÉ 1

Photo : Un «crop» de Mary, tiré de la série des photos «diocèse», qui n’est pas sur l’une des photos retenues pour le texte principal (l’onglet?)

Crédit : Fany Ducharme

Titre : Mot du Rédacteur en chef

Mary-Josée Gladu, pour moi, elle est la «force tranquille» du journal Accès. Je sais que cela surprendra sans doute ceux qui connaissent son énergie légendaire… (imaginez d’ailleurs qu’elle est sur le point d’être initiée par Marilyn Deguire, l’une de nos infographistes, au kitesurfing, un sport extrême où l’on surfe en board sur la neige, tiré par une voile!) «Force tranquille», Mary-Josée? Oui. Parce qu’au-delà de cette énergie débordante, Mary-Josée sait s’arrêter sur les choses essentielles; j’ai l’occasion de le constater régulièrement en travaillant avec elle. Elle avance avec assurance (la langue de bois, très peu pour elle!), elle sait instinctivement mobiliser son équipe et révéler ce que celle-ci a de meilleur; elle sait transmettre son énergie positivement, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Elle plonge et mord dans la vie avec aplomb, mais sans jamais perdre de vue ses repères, ses idéaux.

Quand elle m’a parlé, très informellement lors d’une pause au journal, de ce qu’elle avait vécu avec son fils Noël dernier, j’en ai été touché. Mais pas surpris. Une action comme celle-là, c’est aussi Mary-Josée. En fait, c’est tout Mary-Josée: une gentillesse et une empathie qui n’attendent rien en retour, non feintes, solides. Vraies. Comme elle, qui sait être là, avec les bons mots, les bons gestes, au bon moment.

J’ai décidé de relater son histoire dans nos pages, espérant que certains lecteurs y trouveront là une source d’inspiration… (E.-Ol. Dallard)

ENCADRÉ 2

Titre : Pour aider, vous aussi

Intertitre : La Guignolée des Pays-d’en-Haut

Cette fin de semaine, les 9 et 10 décembre, les représentants de la Guignolée des Pays-d’en-Haut seront dans les rues de la MRC afin de recueillir argent et denrées non périssables, destinées à subvenir aux besoins alimentaires des Laurentiens dans le besoin… et ils sont plus nombreux que l’on peut parfois le croire: presque 18 000 personnes résidant sur notre territoire ont fait appel à l’une des huit banques alimentaires de la région (source: Garde-Manger des Pays-d’en-Haut).

L’équipe d’Accès sera de la partie, avec ses joyeux «guignoleurs» à la tuque rouge et à la cocarde à l’effigie du Garde-Manger. Que vous soyez sollicité à votre porte ou bien à l’une des intersections… Donnez!

Intertitre : Comme Julien et Mary-Josée?

Pour vivre la même expérience que celle de Julien et Mary-Josée, vous pouvez contacter le diocèse de votre paroisse. Une famille près de chez vous espère sans doute votre visite, afin, comme le dit Mary-Josée Gladu, de «redonner à Noël sa pleine signification».

Par contre notez bien que dans un souci d’équité, de plus en plus de paroisses vous inviteront simplement à faire un don au Garde-Manger des Pays-d’en-Haut, qui s’assurera de les redistribuer – notamment durant cette période des Fêtes, mais aussi tout au cours de l’année – sous diverses formes, adaptées au mieux aux demandes et aux moments.

Voici quelques numéros de téléphone que vous pouvez composer…

Diocèse de Saint-Jérôme (qui dessert de nombreuses paroisses sur le territoire laurentien): 450-432-9742

Diocèse de Mont-Laurier : 819-623-5530

Paroisse de Saint-Sauveur: 450-227-2423

Paroisse de Sainte-Agathe : 819-326-3644

Paroisse de Saint-Jovite: 819-425-3782

Paroisse de Morin-Heights: 450-226-2844

Paroisse de Saint-Adolphe: 819-327-2711

Paroisse de Saint-Adèle: 450-229-4454

Paroisse de Sainte-Marguerite: 450-228-2052

Paroisse de Sainte-Anne-des-Lacs: 450-224-2782

Paroisse de Val-Morin: 819-322-2244

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