Porter sa croix

Par Josée Pilotte

Que la lumière soit!

«Ma belle, t’as plus trop l’air de savoir où tu t’en vas avec tout ça. Tu vas te planter!… Pis… ben… ça marche pas ton petit journal!»

Et v’lan dans les dents!

Mon dieu! Vous dire à quel point j’ai entendu ces médisances, ces prophéties de malheur, c’en est presque troublant. D’y repenser encore aujourd’hui, à toute cette charge négative, vous savez, j’en suis encore bouleversée. À l’époque, vous m’en avez presque désatailisée.

Heureusement pour nous, deux éditrices passionnées de notre genre, la vie nous réserve parfois d’heureuses surprises: je suis maintenant vachement contente des réactions que suscite mon journal depuis son virage à 180 degrés. Plusieurs personnes ne croyaient pas à ce revirement journalistique quelque peu suicidaire (laisser tomber la culture pour se lancer corps et âme dans l’actualité, avouons avec la convergence actuelle des médas, l’idée aurait pu paraître un rien farfelue)… Mais j’avais la conviction que, bien que «la job» soit déjà faite par les «convergents», elle pouvait aussi être faite autrement…

Loufouque?

Peut-être. Mais même si parfois nos efforts semblent mettre une éternité à porter fruit, il y a des jours où «l’on sait» qu’on peut faire la différence; et il y a des jours où «l’on fait» la différence. C’est à partir de ce moment que nos actions prennent tout leur sens, qu’elles prennent une autre dimension et trouvent un écho sur les plans social et politique.

Rigolo?

Oh que non Mais comme j’ai décidé d’assumer cette vision journaliste, aussi exigente soit-elle… et bien, vaut mieux bien faire la chose, pas vrai?! Chez Accès, nous travaillons plus que jamais, nous avons des interrogations, des doutes, des sueurs… mais aussi une immense satisfaction à participer pleinement au débat social, à parfois même l’initier, le faire progresser, contribuer à dénouer certaines impasses…

Faire le bien? Faites le don!

Parlant de faire le bien… Un heureux mélange de «ti-fins» et de «pas-fins» défilait sur la 364 la fin de semaine dernière. Je les ai vus de près puisque j’avais la face dans leur vitre de char, en brandissant ma chaudière de huards, pour le Garde-Marger des Pays-d’en-Haut.

Pour l’occasion, j’avais même réussi à convaincre mon chum, mon fils de 13 ans, son ami et mon petit Lou, d’aller faire une bonne action. Entendons-nous: ce n’était pas une mission humanitaire en Afrique, comme ma copine Julie qui travaille pour l’ACDI, mais simplement un p’tit 150 minutes de générosité, à deux pas de chez nous.

Vous me pardonnerez de briser, l’instant de quelques lignes, cette ambiance de partage, mais… on se calme le ponpon généreux, deux minutes! Comment peut-on se promener en Mercedes et avoir oublié sa sacoche? J’pensais qu’y’avait juste à moi qu’ça arrive! Par contre, moi, j’ai quand même toujours un huard dans le fond du cendrier…

Certaines personnes développent de drôles d’astuces – qui semblent en devenir des tics, à force d’habitude! – afin d’éviter de baisser leur vitre quand il faut donner. C’est d’autant plus choquant que certaines de ces personnes ont le manque de générosité aussi criant que leur propre image de réussite; mais bon, rassurez-vous, ils sont peu de leur espèce: je repense à ce jeune homme, en manque de menue monnaie, qui ouvre son porte-feuille, lève les yeux vers moi – enjouée, encourageante –, songe un instant… «Oh!, pis! Pourquoi pas!» L’espace d’un sourire, l’un de ses deux billets de 20 dollars passe de sa bagnole à ma chaudière.

Ma gang et moi, assister à ces élans répétés de générosité, contribuer à faire la différence, comme avec Accès, nous a rendus heureux. Simplement.

Prière à Lupien

Devrais-je m’adresser à Saint Jude, le Saint patron des causes perdues??? Parlant générosité, j’ai une demande toute spéciale…

Voyez-vous, il semblerait qu’Accès ait un impact majeur dans la communauté de Saint Adèle. Et particulièrement avec l’édition de la semaine dernière, expliquant la noirceur de la croix, conséquence d’un dossier litigieux entre la ville de Sainte Adèle et Marc Lupien.

Peut-être que j’me mêle pas de mes affaires… mais des fois, quand je sens le désir profond de toute une population pour une chose importante, qui lui tient profondément à cœur, ça m’tente de pas m’mêler de mes affaires…

Donc: Monsieur Lupien, au nom de la population qui nous lit et contacte Accès depuis une semaine, inquiète de ne pas voir briller la croix pour Noël, ne pourriez-vous pas permettre son illumination, en signe de générosité pour votre communauté? Je suis certaine que Monsieur le Curé vous sera «éternellement reconnaissant».

De mon côté, si l’«éclairage» que projette Accès sur l’actualité peut contribuer aussi à «illuminer» une communauté en «illuminant» un symbole auquel nous tenons tous… j’aurais l’impression d’avoir véritablement fait une différence.

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