Pour que les boites à chansons ne tombent pas dans l’oubli

par Françoise Le Guen
Pour que les boites à chansons ne tombent pas dans l’oubli
Le 28 novembre 1959, Gilles Mathieu fonde la première boite à chansons du Québec à Val-David, la « Butte à Mathieu ». (Photo : ACCÈS)

Gilles Mathieu

Pour Gilles Mathieu, le fondateur de la Butte à Mathieu il est primordial de parler de toutes ces boites à chansons qui ont fait partie de l’histoire du Québec, pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli!

 

« J’avais l’idée de faire une réunion avec tous ceux qui ont fait des boites à chansons. Il faut que j’en parle sinon personne ne le fera. Ils restent beaucoup de chansonniers de ce temps-là qu’on a mis de côté à cause de la transformation du monde de la chanson. C’était toute une époque avec la richesse d’une culture », nous confie-t-il.

À presque 87 ans, Gilles Mathieu est en pleine forme. Il n’a pas arrêté de travailler, s’occupe de sa maison de Prévost, fait de la construction, se garde actif et fait tous les matins des exercices. « Je vais commencer du ski de fond bientôt! » nous dit-il.

Comment est-il arrivé à Val-David? Il nous raconte : « Une des amies de ma mère s’est mariée avec un cultivateur de Val-David. On allait passer nos fins de semaine là. Mes parents y ont ensuite acheté une maison. J’ai vécu de 10 ans à 14 ans là et je suis retourné à Montréal avant de revenir en 59 pour la Butte ».

Les débuts

C’est lui qui choisissait les personnes. « Georges Dor n’était pas connu, Raymond Lévesque arrivait d’Europe. Charlebois ni Jean-Guy Moreau, Gauthier, Calvé ou Létourneau n’étaient connus. C’est mon entourage qui a fait qu’il le soit. Je ne prends pas ça pour une gloire, mais c’est comme ça que c’était. Quand Gilles Vigneault est venu chanter ici, il n’avait jamais chanté dans le nord ni à Montréal, il chantait à Québec. Félix Leclerc arrivait d’Europe et ne voulait plus chanter au Québec. Je l’ai convaincu de venir chanter à la Butte. »

Regard

C’était l’époque de la Révolution tranquille. « Ce n’était pas tranquille ! Tout le monde parlait anglais à Montréal sauf dans l’Est. On a contesté ça et on voulait faire du Québec un pays ! Raymond Lévesque a chanté des années de temps à la Butte les fins de semaine et tout l’été. C’est un peu la révolution qui chantait. »

Dans les années 60, tout était à faire. Il y avait les clubs où il y avait beaucoup de spectacles, mais pas beaucoup de travail pour les chansonniers. « Comme c’est moi qui les présentais en premier, les compagnies de disques venaient les écouter et ensuite les enregistraient à Montréal, par exemple Gilles Vigneault. Tout se passait ici, ensuite ils engageaient les artistes; nous étions des pionniers ». En terminant, Gilles Mathieu nous dit avoir commencé à mettre en place il y a 20 ans le Musée de la chanson québécoise.

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