Premier classement patrimonial pour la MRC des Pays-d'en-Haut

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Par Thomas Gallenne
Premier classement patrimonial pour la MRC des Pays-d'en-Haut

Le centre commercial du Domaine-de-l’Estérel classé immeuble patrimonial

  Le 4 mars dernier, le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, et le député de Bertrand, Claude Cousineau, ont finalement annoncé le classement du centre commercial du Domaine-de-l’Estérel à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, à titre d’immeuble patrimonial, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. L’immeuble est l’un des premiers centres commerciaux de l’histoire du Québec.

Cette action s’est posée à quelques semaines du délai exigé dans le cadre de l’avis d’intention de classement émis le 18 avril 2013. Le Centre culturel devient le premier classement patrimonial dans la MRC des Pays-d’en-Haut.

 Le classement s’applique à l’enveloppe extérieure de la partie ronde et aux parties intérieures suivantes: Blue Room (salle de bal), cage d’escalier principale et les aménagements intérieurs de ces espaces, dont les cloisons, les planchers, les plafonds, les portes, les escaliers et les éléments d’ornementation. Il faut noter que d’autres parties du bâtiment sont citées par la Ville, soit l’annexe rectangulaire d’un étage située à l’arrière, le cinéma et la salle du manège.

Étant donné que ce bâtiment s’insère dans un cadre naturel d’exception et qu’il a été conçu de manière à offrir une vue dégagée sur le lac Masson, le ministre a aussi annoncé qu’il délimitait une aire de protection visant à assurer la préservation de l’environnement du centre commercial du Domaine-de-l’Estérel.

 «Œuvre charnière de la carrière du designer et architecte Antoine Courtens et projet personnel du baron belge Louis Empain, le centre commercial du Domaine-de-l’Estérel est un témoin important de l’Art déco au Québec. En lui accordant le statut d’immeuble patrimonial, le Ministère entend mettre en valeur et faire connaître davantage le patrimoine moderne aux citoyennes et aux citoyens des Laurentides et de tout le Québec», a fait savoir le ministre Kotto.

 Patrimoine architectural

Apparu dans un contexte de multiplication des hôtels et des maisons de campagne dans les Laurentides en 1936 et en 1937, ce bâtiment présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et architecturale. En effet, il est un des derniers témoins de l’ensemble de villégiature prestigieux qu’a été ce domaine. Par ailleurs, le centre commercial du Domaine-de-l’Estérel constitue une manifestation précoce de l’architecture moderne au Québec. Les références navales présentes dans son architecture suggèrent le caractère luxueux des paquebots et témoignent de l’influence du style Streamline de l’Art déco au Québec.

 «Non seulement le centre commercial est d’une grande valeur pour la ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, mais l’environnement dans lequel il se situe est tout aussi exceptionnel. Je me réjouis de cette annonce qui protège ce bâtiment emblématique, érigé dans les Laurentides pendant l’entre-deux-guerres», ajoute le député de Bertrand, Claude Cousineau.

 Une Ville réjouie

Pour le maire Gilles Boucher, cette décision du ministre Kotto est accueillie favorablement par le conseil de ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson: «Le bâtiment communautaire du Centre culturel est un joyau patrimonial qu’il fallait impérativement protéger afin d’en faire également profiter les générations futures. Le Conseil est ravi qu’une décision ait enfin été prise par le ministère afin de préserver et de faire connaitre l’histoire et l’architecture de cet immeuble.»

 Rappelons que dès son entrée en fonction, le nouveau conseil avait résolu de former le comité «conseil local du patrimoine» afin d’aller de l’avant avec la citation du bâtiment. Ensuite, lors de la séance extraordinaire du 19 novembre, un avis de motion a été donné afin de procéder à la citation à titre de bien patrimonial d’éléments intérieurs et extérieurs du Centre culturel. «Finalement, notre intervention a permis de citer tous les éléments non visés par le classement du Centre culturel. Nous nous assurons ainsi de sa sauvegarde dans sa totalité et à travers les années», a affirmé le maire Boucher.

 Déjà, dans le cadre des festivités entourant son 150e anniversaire de fondation, la Ville a bien l’intention d’exploiter l’histoire du baron Louis Empain à travers certaines activités. De plus, soucieuse de son patrimoine, la Ville rappelle que les bureaux administratifs déménageront dans l’ancien couvent, un bâtiment historique qui fait partie de la mémoire des massonais.

 CENTRE CULTUREL

Bâtiment de style Art déco construit en 1937 par le baron belge Louis Empain et l’architecte Antoine Courtens et reconnu comme étant l’un des premiers centres commerciaux au Canada, le Centre culturel (centre commercial du Domaine-de-L’Estérel) présente un intérêt patrimonial autant pour sa valeur historique qu’architecturale. Une aire de protection figure également dans le classement puisque ce bâtiment s’insère dans un environnement exceptionnel en bordure du lac et que sa façade arrondie a été conçue de façon à offrir une vue dégagée sur le prestigieux lac Masson.

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