Près de 100 000 visiteurs attendus à Val-David

Par Nathalie Deraspe

Les 1001 pots célèbrent leurs noces de porcelaine

Dès ce vendredi, plus de 120 céramistes du Québec et de l’Ontario envahissent le coeur de Val-David pour célébrer les 20 ans de la plus grande exposition de céramique en Amérique du Nord. D’ici au 10 août, les organisateurs s’atten- dent à recevoir entre 60 000 et 100 000 visiteurs.

Jeudi après-midi, les exposants s’affairaient à installer leurs pièces ici et là, contents de retrouver leurs collègues céramistes. Fé-briles, ceux-ci passaient des embrassades aux déballages de boîtes avec une aisance contagieuse. Cette année, les pièces émaillées serviront à nourrir le jardin labyrinthe, une immense œuvre collective située dans une nouvelle section du site. Celle-ci sera aménagée au fil du temps à même des structures métalliques à partir de morceaux de céramique et de vignes. «Ce qui me frappe le plus ici, c’est le côté champêtre», lance Marie-Josée Desjean, qui allie littérature et céramique en inscrivant des citations sur les pièces qu’elle moule. Marcel Beaucage venait à peine d’arriver quand il nous a confié qu’il a connu Kinya peu de temps après que celui-ci soit rentré de New York. «Il était balayeur pour un céramiste dans l’atelier communautaire où je travaillais. C’est là qu’il a appris l’art de tourner. En l’espace de deux ans, il avait un vendeur qui travaillait pour lui dans tout le pays», se souvient-il. Présent dès la première année des 1001 pots, Marcel Beaucage soutient que l’événement a permis de sortir les céramistes d’un creux de vague. «Kinya a toujours dit qu’il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas vivre de son art au Québec. Moi, ça fait 45 ans que je le fais.» Si Kinya Ihsikawa est l’âme des 1001 pots, Jean-Denis Bisson et Marc Couillard en son les concepteurs de la première heure. «Ils sont des génies pour l’organisation», affirme l’artiste. Cette année, les exposants ont été invités à préparer 9000 pièces de lin aux dessins uniques, qui serviront pour fins d’emballage. L’idée étant non seulement d’éviter les sacs de plastiques, mais d’offrir aux acheteurs quelque chose de plus original en lien direct avec ce qui se faisait à l’époque. Maintenant que la municipalité assure le soutien de l’activité pour une période de trois ans, plus question de déménager l’événement à Tremblant. Et malgré ces 20 ans d’exposition, Kinya Ishikawa regarde toujours devant. «Ça a passé comme une flèche, dit-il. Et ma plus grande fierté, c’est d’avoir réunis les gens. Quand 124 céramistes unissent leur force, c’est quelque chose. C’est comme un jeu de baseball. Tout le monde se passe la balle, mais tout le monde gagne. Et je pense que tout est possible, même avec un petit talent.»

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