Projet de loi pour la relance économique du Québec : A-t-on laissé la science de côté ?

Marie-Catherine Goudreau
Projet de loi pour la relance économique du Québec : A-t-on laissé la science de côté ?
Dominic Champagne est un militant écologiste et est l'instigateur du Pacte pour la Transition. (Photo : Yannick Déry)

Le gouvernement a annoncé le 3 juin dernier un projet de loi pour le plan de relance économique au lendemain de la crise sanitaire qui a paralysé le Québec. Au même moment, les rédacteurs du Pacte pour la Transition ont publié un plan d’action « 101 idées pour la relance » qui met en valeur des solutions qui permettraient une transition économique qui serait verte et juste.

Après une année de recherche et de rédaction, qui a amené la collaboration de plus de 1000 citoyens ainsi que plusieurs scientifiques, économistes et professionnels reconnus, ce plan d’action vise 9 secteurs d’activités économiques, dont l’énergie, les transport, les bâtiments, l’industrie, l’agriculture, la santé et l’éducation. Ce plan propose donc par exemple, dans le secteur des bâtiments, des améliorations quant aux règles concernant l’isolation thermique pour réduire les pertes d’énergie ou encore l’implantation de toit vert qui réduit entre autres les gains de chaleur en été et les pertes en hiver.

Une situation inquiétante

Selon Dominic Champagne, militant écologiste et rédacteur du Pacte pour la Transition, le gouvernement québécois devrait prendre cette occasion pour établir une relance plus verte. Le projet de loi qui a été déposé vise par ailleurs à « accélérer les processus de la loi sur la qualité de l’environnement », ce qui remet en question l’importance de la science dans la politique. « On est en train de faire l’expérience d’une crise sanitaire grave et on se rend bien compte à quel point c’est important de mettre la science au coeur des décisions politiques et économiques […] Maintenant, on est pressé de relancer l’économie et on le comprend, mais où est le Horracio Arruda de la relance économique, alors que la science est pourtant très claire par rapport au réchauffement climatique ? » dénonce Dominic Champagne.

La co-porte-parole du Pacte pour la Transition et la co-fondatrice de l’organisme Équiterre, Laure Waridel, se dit « très inquiète » quant au projet de loi du gouvernement Legault. Elle rapporte que depuis très longtemps, beaucoup de travail a été fait pour mettre en place un cadre et une structure règlementaire pour protéger les milieux naturels, mais ce plan de relance semble prêt à « laisser passer beaucoup de choses. » Selon elle, le Québec a les ressources et l’expertise pour s’impliquer davantage, toutefois cette transition doit être une priorité pour le gouvernement si l’on veut voir des changements, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Laure Waridel est la cofondatrice d’Équiterre, co-rédactrice du Pacte pour la Transition et professeure associée à l’UQÀM. (Photo : Julie Durocher)

Tirer des leçons de la crise

Les idées du plan d’action visent à relancer l’économie et créer des emplois, tout en mettant la science au coeur des solutions. Il donne un exemple quant à la construction des maisons pour les aînés : celles-ci pourraient être conçues de manière écologique, alors que le Québec a plusieurs connaissances dans l’éco-construction et l’éco-conception. « Il y a une série de bonnes solutions et de bonnes pratiques qui peuvent créer des emplois et c’est dans ce sens qu’il faut investir. Il faut tirer les leçons de sagesse qui s’imposent de la crise que nous vivons. » En fait, Dominic Champagne croit qu’il faudrait aller à la rencontre des exigences écologiques, plutôt que de les contourner.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de