Projet Îlot Grignon: le conseiller Jean-Pierre Pariseau exprime sa dissidence

Par Andre Berard

La semaine dernière Accès publiait ce texte sur la dissidence du conseiller municipal adélois Jean-Pierre Pariseau quant au «Projet Îlot Grignon». Malheureuse-ment, pour des raisons indépendantes de notre volonté, la fin du texte n’est pas apparue en nos page. Nous le reprenons intégralement cette semaine.

Le projet de revitalisation du centre-ville adélois ne compte pas que des citoyens opposés à sa réalisation. Jean-Pierre Pariseau, conseiller du district numéro 2, a aussi exprimé sa dissidence lors du dernier conseil municipal. C’est lors de l’assemblée municipale du 21 juillet dernier, alors que l’on adoptait un avis de motion pour un règlement d’emprunt visant à acquérir des immeubles dans le cadre de ce projet que le conseiller Pariseau a tenu à manifester clairement sont désaccord. Position qu’il a précisée en entrevue: «Il y a trop peu d’information sur ce dossier à l’heure actuelle. Ça ne m’intéresse pas de donner un mandat en blanc. La Ville a d’autres défis d’importances à relever que celui de l’Îlot Grignon. Nous savons que nous devons mettre à niveau notre réseau d’aqueduc et d’égouts, les infrastructures de voiries sont très désuètes, nous avons d’autres chats à fouetter, sans compter le fameux canard boiteux qu’est La Rolland. Les citoyens en ont assez de payer. Je pense que pour le moment nous n’avons pas les moyens d’aller de l’avant avec le projet de l’Îlot Grignon.» Les propos du conseiller Pariseau remettent sur la sellette la question qui brûle les lèvres de bon nombre d’observateurs: la revitalisation du centre-ville répond-elle à une demande? Ce à quoi répond le conseiller:«Le projet de l’Îlot Grignon est un désir cher à certains élus. Pour ma part, j’estime que ce projet n’est d’aucune façon une priorité pour la municipalité. Nous avons déjà un centre commercial à moitié rempli. Il y a un nombre considérable d’espaces commerciaux inoccupés à Sainte-Adèle. Nous sommes loin de manquer d’espaces pour assurer notre vitalité commerciale. Les commerçants sont aussi des contribuables et doivent voir d’un mauvais œil la compétition directe exercée par la ville dans ce projet. Ce n’est pas le rôle de la Ville que d’être promoteur immobilier.» Selon le conseiller du district numéro 2, la situation financière de la Ville impose la plus grande prudence: «Nous ne sommes pas dans la bonne période économique pour réaliser un tel projet. Nous connaissons tous la situation financière de la Ville. Je crois que les citoyens souhaitent d’abord que l’on consolide nos opérations avant de se lancer dans des projets d’envergure comme celui de la revitalisation du centre-ville.» Le conseiller estime que la Ville a déjà investi assez d’argent dans ce projet lors de l’acquisition de certains terrains et avance même l’idée de les revendre. Concernant l’installation de la nouvelle bibliothèque municipale dans le quadrilatère visé par le projet, le conseiller est formel: «Ma position est très claire concernant la bibliothèque. J’ai voté contre dès le début. On a dit que l’on fermerait la bibliothèque de Mont-Rolland au profit d’une bibliothèque centrale. On a droit à certains services dans le secteur Mont-Rolland. Nous devons et voulons conserver nos acquis. Encore une fois, une nouvelle bibliothèque n’est pas une priorité à Sainte-Adèle. Je ne suis pas contre la culture, loin de là, mais il faut vivre selon nos moyens. Nous avons déjà deux bibliothèques à Sainte-Adèle, et pour l’instant, elles répondent à nos besoins.» Jean-Pierre Pariseau souhaite que le parc conserve sa vocation: «Il faut conserver le parc Grignon dans son état actuel. Il faut bien sûr l’améliorer et l’embellir, mais surtout conserver sa vocation d’espace vert.» Conscient des effets de sa dissidence sur le conseil municipal adélois, Jean-Pierre Pariseau dit agir en fonction des intérêts supérieurs des Adélois: «Je sais que je suis un dissident au sein du conseil. Je vais garder ma position. Il s’agit pour moi d’une question d’honnêteté, c’est ma façon de gouverner. Je veux gérer les finances publiques avec le plus de rigueur possible.» Jean-Pierre Pariseau est également président de la Commission de l’administration, vice-président de la Commission des finances et développement économique et membre du Conseil d’administration de l’Office municipal d’habitation de Ste-Adèle.

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