Protéger les cervidés et la chasse

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Protéger les cervidés et la chasse

Véronique Piché, collaboration spéciale

Le premier cas québécois de maladie débilitante chronique des cervidés, découvert récemment dans un élevage de cerfs des Laurentides, a mis les autorités sur le qui-vive. Depuis, les actions entreprises par le ministère de la Faune visent à protéger les chevreuils et les orignaux, mais aussi la chasse elle-même.

Chaque automne, Geneviève ferme sa garderie pour aller chasser. Pour elle et son conjoint Éric, partir à la chasse pendant une semaine, c’est une nécessité. Aussi, les mesures prises par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) à la suite de la découverte de ce cas de maladie débilitante chronique (MDC) des cervidés dans un élevage de cerfs des Laurentides assurent la protection de cette activité.

«La cerise sur le sundae»

Pour le couple de Saint-Faustin–Lac-Carré, l’objectif premier de la chasse n’est pas de tuer. «La récolte d’un animal, c’est seulement “la cerise sur le sundae”.» Ce sont plutôt les préparatifs, l’esprit de groupe et la nature qui font de ces vacances leur «meilleure semaine de l’année». En 2017, les données du Ministère indiquent que plus de 500000 permis de chasse avaient été vendus aux résidents de la province. Ainsi, Éric et Geneviève ne sont pas les seuls pour qui cette maladie des cervidés est une histoire sérieuse.

Au Québec, la chasse sportive au cerf de Virginie est actuellement ouverte. Un bien mauvais moment pour une maladie fatale et contagieuse entre cervidés de s’inviter au bal. Le MFFP a tenu un point de presse la semaine dernière. À ce jour, aucun des échantillons prélevés dans la faune sauvage du secteur visé n’est positif, dit-on. Donald Jean, directeur de la gestion de la faune pour Lanaudière-Laurentides, parle de l’importance des opérations mises en place: «L’objectif est qu’il soit toujours possible de chasser le cerf de Virginie et l’orignal au Québec.» Un enjeu de taille.

L’état de New York

Vingt-cinq États américains ainsi que la Saskatchewan et le Manitoba sont aux prises avec la MDC. Leur population de cervidés a fortement diminué, souligne Donald Jean aux médias réunis. «Nous sommes allés chercher l’expertise du seul État américain ayant réussi à éradiquer la maladie, celui de New York », dit-il. Un modèle en cette matière pour le Québec.

La zone entourant la ferme d’élevage contaminée est interdite aux chasseurs et piégeurs jusqu’au 18 novembre. C’est là que le potentiel de contamination est le plus élevé, soulève-t-on. C’est aussi là que les agents de protection de la faune, sur recommandation des biologistes du MFFP et en collaboration avec un expert américain, y effectuent des prélèvements.

Geneviève et Éric, eux, chassent dans le secteur de Barkmere en zone de surveillance «rehaussée». Comme d’habitude, ils devront enregistrer leur prise. Mais cette fois, dans une station où l’on prélève une partie du cerveau et des ganglions de la bête. De petits gestes qui comptent, pour préserver leur «meilleure semaine de l’année».

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