Quand les maires patinent… mais pas leurs citoyens

Par Eric-Olivier Dallard
Quand les maires patinent… mais pas leurs citoyens

À quand une VRAIE patinoire pour les Pays-d’en-Haut?

Cela fait sept ans que le promoteur Louis-Paul Brisebois tente de faire avancer le projet d’un centre multifonctionnel pour la MRC des Pays-d’en-Haut. Outre le préfet Charles Garnier, des 10 maires de la MRC des Pays-d’en-Haut seul Michel Plante, de Morin-Heights, semble avoir saisi l’importance d’une telle infrastructure pour la région, selon M. Brisebois: «Nos jeunes ont besoin de ce genre de projet; ce n’est pas parce qu’ils pratiquent le ski que le hockey ne les interpelle pas! Je suis coach depuis des années, je sais que la demande est là… La mauvaise foi des maires est évidente: ils ne veulent pas voir la réalité!»

D’abord prévu aux abords de l’Interclub de Piedmont, le projet a été déplacé – à la demande du Conseil des maires – près de la polyvalente A.-N.-Morin, située à Sainte-Adèle, avec l’acquisition dans un premier temps d’un terrain appartenant à l’oncle de l’un des maires de la région, mais qui, à l’heure actuelle, n’est plus celui retenu par le promoteur pour le projet: «En fait, j’ai répondu à chacune des demandes des maires… D’enthousiastes au début, ils semblent s’être progressivement détournés du projet. Et dire que Georges Fillion, ce visionnaire, était déjà favorable au projet… Aujourd’hui, mis à part Michel Plante et Charles Garnier, personne ne semble comprendre que la population serait ravie de se voir offrir un espace sportif semblable! Et puis, peut-être qu’avec un aréna pour occuper nos jeunes sainement, l’on n’aurait pas besoin de présence policière à A.-N.-Morin…» Si des patinoires extérieures existent sur le territoire de plusieurs municipalités de la MRC, force est de constater que, malgré les coûts importants («astronomiques», a confié à Accès une personne bien au fait de la situation et désirant conserver l’anonymat) dédiés à leur entretien, elles demeurent peu utilisées, compte-tenu des températures qui les laissent souvent en piteux état.

La formule? Un PPP

La formule envisagée par M. Brisebois est celle d’un partenariat public-privé (PPP), par laquelle d’une part les municipalités de la MRC réserveraient, pour leurs citoyens, des heures de patinage libre, tandis que d’autres part les équipes de hockey et les établissement scolaires réserveraient du «temps de glace» pour leurs activités: «Évidemment, plus le temps passe, plus les coûts du projet augmentent, souligne le promoteur. Pour donner une idée, ils étaient évalués à 3,5M$ il y a cinq ans… ils sont maintenant à 5,5M$, incluant le terrain…»

Si les maires sont tièdes au sujet du projet d’un aréna, M. Brisebois a le soutien de noms plutôt impressionnants: «Lorraine Cordeau, la veuve de Georges Thurston, encourage mon projet, et René Angélil l’a entre les mains… Je verrais bien une double-vocation à cet espace: l’Aréna Georges Thurston l’hiver… et la salle de spectacle l’Olympia Céline Dion l’été…»

Décidément, ce ne sont pas les appuis en haut-lieu qui manquent à Louis-Paul Brisebois, ce sont plutôt ceux des dirigeants régionaux. Quant à la population, elle peut toujours manifester ses désirs quant à ce projet auprès de ses maires et représentants respectifs.

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