Quelle pauvreté…?

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Par Thomas Gallenne

La pauvreté dans les Laurentides…

Comment traiter le sujet sans tomber dans le pathos? Exercice périlleux, tel le funambule sur son fil. Un fil mince, et la foule en dessous qui scrute le moindre pas, retenant son souffle, attendant que vous vous cassiez la gueule. Lançant des «Ho!», puis des «Ha!», à chaque coup de vent.

Je ne reviendrai pas sur les grands courants de pensées qui se sont penchés sur la place de l’économie, de la religion, de l’état, dans la vie des hommes. Mais si on devait parler d’économie, on se rend bien compte que le système de développement sur lequel on roule depuis un siècle, arrive au bout du rouleau… Plusieurs analystes – et ils ne sont pas tous de gauche – invoquent le changement de paradigme. Ce que cela veut dire? Qu’au lieu de placer l’enrichissement matériel comme une fin en soi, il serait temps de placer au centre des préoccupations l’être humain dans son «écologie», et j’utilise le mot dans son sens premier.

Et plutôt que de parler religion, concept qui divise – il n’y a qu’à voir les guerres qui ont lieu depuis des siècles au nom de Dieu – ne devrait-on pas parler de spiritualité?

Quant à l’état, on se rend bien compte que c’est loin d’être une panacée. Franklin D. Roosevelt et son «New deal» a jeté les bases d’un État providence… Près de 80 ans plus tard, que reste-t-il de ce filet social? Ne s’effrite-t-il pas lui aussi? Au bout du rouleau lui aussi? Et l’homme dans tout ça: n’est-il pas au bout du rouleau?

 

D’un sous-sol d’église à un autre

Il y a un demi-siècle, le Québec a tourné le dos à l’Église qui avait la main mise sur la charité. La Révolution tranquille a sorti le Québec de la Grande Noirceur. Mais la pauvreté dans tout ça? Loin d’être éradiquée, elle continue de s’insinuer, dans les couches de la société que l’on pensait – à tort – le plus à l’abri: les classes moyennes.

Encore aujourd’hui, les sous-sols d’églises dispensent des services de première nécessité. Et les chiffres ont de quoi préoccuper. Les banques alimentaires vous le diront. Le nombre de demandes pour les comptoirs alimentaires, pour les bons et paniers de Noël augmente chaque année. Les facteurs sont multiples, les données complexes et les réponses sont loin d’être simples. Je n’avance pas de chiffres, Accès va aborder le dossier de la lutte contre la pauvreté de long en large sur trois semaines: Le portrait de la pauvreté dans la MRC des Pays-d’en-Haut, et de ceux qui luttent contre cette semaine. La semaine suivante: la pauvreté a un nom. Portrait de bénéficiaires qui pourraient être «nous». C’est quoi être pauvre aujourd’hui? Combien ça coûte (sur)vivre dans notre charmant coin de pays? Et la dernière semaine: des solutions pour enrayer la pauvreté et le chemin qu’il nous reste à parcourir pour l’éradiquer. Utopie ou réalité atteignable?

 

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