Ray Courtemanche Jr : Un bâtisseur visionnaire

Par France Poirier
Ray Courtemanche Jr : Un bâtisseur visionnaire

Portrait

Ray Courtemanche est devenu un entrepreneur prolifique. À 6 ans, il vendait des T-shirts pour aider son père qui faisait des courses automobiles. À 14 ans, il a sa propre entreprise de paysagement (coupe de pelouse), dans laquelle il embauche une dizaine de jeunes. À 21 ans, il est millionnaire, puis à 37 ans, il réalise son rêve de devenir pilote professionnel de NASCAR.

À la tête de Cité Mirabel, projet immobilier dont la valeur marchande sera, à terme, de 2 milliards de dollars, Ray Junior Courtemanche vient de publier un livre Le bâtisseur visionnaire pour raconter son histoire peu banale et pour en inspirer d’autres.

Sa mère a quitté la maison alors qu’il avait 4 ou 5 ans. « J’ai été élevé au garage, par mon père et les employés du garage. Comme on n’était pas riche et que mon père faisait des courses automobiles, il utilisait les vieilles voitures qui n’étaient plus en bon état. Comme il était un bon mécanicien, il les réparait, puis faisait des courses et les gagnait. Avec l’argent, il pouvait faire d’autres courses, et moi j’avais ce rêve comme enfant de faire du karting. »

C’est ce rêve qui a été son moteur pour trouver des moyens pour amasser de l’argent en travaillant.  « C’est ce rêve qui m’a poussé à travailler toujours plus afin d’amasser de l’argent. Lorsque j’avais 6 ans, on a eu l’idée de demander à un client qui avait une usine de T-shirt de nous aider. Il nous a fait de bons prix, soit 1,50 $ du T-shirt et on les revendait 5 $. Mon père me donnait une partie des ventes. C’est là que j’ai appris à faire de la communication et du marketing. J’ai développé mon côté entrepreneurial », raconte Ray Junior Courtemanche. 

Intimidation

Pour son père ce n’était pas important l’apparence. Le jeune Ray allait à l’école les cheveux ébouriffés et trop longs, les vêtements un peu n’importe comment. « J’ai été le mouton noir à l’école et ç’a été difficile. Travaillant au garage, j’avais les doigts plein d’huile, je me faisais niaiser. Je n’étais pas choisi quand on faisait des équipes. Je crois que ça m’a créé l’endurance et la carapace que j’aie aujourd’hui. À 12 ans, j’ai décidé de laisser l’école. Mon inscription était faite, mais je n’allais pas à mes cours. Je craignais le secondaire. »

« Je ne suis jamais retourné à l’école et j’ai appris en faisant mes pelouses. Je me suis dégêné comme ça. C’était dans de beaux quartiers, les propriétaires des maisons étaient souvent des entrepreneurs. Je leur posais des questions, je m’intéressais et je me disais qu’un jour, j’aurai une grosse maison. J’ai appris énormément de ma clientèle. L’immobilier, je l’ai aussi appris comme ça. J’ai appris grâce à ma curiosité. Rapidement, j’ai appris la valeur de l’argent et j’ai transmis cette valeur à mes enfants. Ils ont appris à travailler et à gagner leur argent. C’était important pour moi et j’ai été sévère là-dessus. »

Faire de la course

Son rêve a toujours été de faire de la course, d’avoir de beaux vêtements et une belle maison. « Les personnes significatives dans mon parcours, ce sont tous ceux qui répondaient à ma curiosité, ils ne le savaient pas, mais ils m’ont formé et guidé. Ils ont fait ce que je suis aujourd’hui. J’ai appris le respect de l’argent et des gens. Plus je les respectais, plus j’avais des clients. »

Il rêvait de courir avec son idole Richard Petty. « Je m’ambitionnais pour en arriver là. Et ce rêve m’a fait grandir comme entrepreneur. Ça m’a créé un levier pour grandir comme entrepreneur. Plus je faisais de l’argent, plus je montais les échelons et à 37 ans, j’ai eu ma licence avec Nascar Canada. Sans avoir rien gagné, j’ai été nommé le coureur le plus populaire au Canada. Je l’ai gagné parce que j’étais apprécié de la foule et des médias. »

« Tous les sous que j’ai gagnés la première année, je les ai donnés à la Fondation Rêve d’enfants, puis pour le cancer du sein, Leucan et bien d’autres. Je veux redonner le bonheur que je vis aujourd’hui. J’ai travaillé fort, j’ai eu du succès, mais c’est important de redonner. »

« Je veux donner espoir aux gens que peu importe d’où tu viens, que tu aies eu des parents absents, si tu mets les efforts nécessaires, si tu travailles en fonction de tout ça tu peux réaliser tes rêves. »

« Ce qui me rend le plus fier, c’est de partager les efforts et l’expérience. Quand je fais des conférences dans les écoles, les cégeps et les universités, les jeunes viennent me parler après et je les encourage. Il y en a qui vivent des situations difficiles et ils voient que l’on peut réussir quand même. Ce ne sont pas nos parents qui vont vivre notre vie. On peut réussir avec la volonté et la persévérance. »

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