Recommandation obligatoire de zigzaguer

Par Benoit Simard
Recommandation obligatoire de zigzaguer

Et bien, le moins que l’on puisse dire, c’est que pendant que le froid et la neige se font attendre, le débat qui ébranle les colonnes du Temple semble maintenant savoir comment, et avec qui, nous pourrons occuper nos journées de congé dans le temps des fêtes.

Sans croire que nous vivons dans un monde brodé de dentelle, je nous trouve tout de même privilégiés, en cette période trouble, que l’on nous fasse des « recommandations » plutôt que des « obligations ».

Bon d’accord, ce sont des recommandations plutôt complexes qui laissent pas mal de gens perplexes. Une obligation, c’est peut-être plus simple quand on n’aime pas avoir à décider par soi-même. C’est tout de même problématique pour un punk à la retraite comme moi.

Comme nous chérîmes le temps passé, si simple, où nous n’avions qu’à suivre les recommandations de notre grand-maman, consistant essentiellement à : « …allez, prends-en encore un p’tit morceau… », et à ce moment-là, on était pas mal obligé d’en reprendre. Alors qu’est-ce qui différencie une recommandation d’une obligation?

Je vous balance en rafale quelques exemples pouvant servir de références :

  • En randonnée alpine lors d’une ascension pentue, on peut foncer en ligne droite, cependant, les bons guides de montagne recommandent de faire des virages pour économiser son énergie.
  • Dans une compétition cycliste, comme en Cross-Country ou en Cyclo-Cross, on est obligé de rester dans le parcours, sous peine d’être disqualifié.
  • De la même manière, en ski alpin, les pratiquants du Slalom ou du GS doivent obligatoirement zigzaguer entre les portes. Oui, il serait plus rapide de descendre en ligne droite, sauf que ce n’est pas ça le jeu.
  • Le code de la sécurité routière, auquel nous adhérons en signant le permis de conduire, nous oblige à faire les « Arrêt ».
  • On n’est pas obligé de mettre des bottes d’hiver quand il fait -20 degrés et qu’il neige, c’est tout de même fortement recommandé.
  • À Noël, on fait des suggestions de cadeaux, ça n’oblige pas le Père ou la Mère Noël à les acheter, mais ça minimise le risque d’avoir à ressortir le traîneau pour aller faire un échange.

Comment s’offusquer lorsqu’on nous offre le privilège d’un contrat moral? Les uns crient au manque de fermeté, les autres hurlent à la dictature, forcés que nous sommes de porter un masque pour magasiner. Il ne faut pas s’étonner de voir clôturer l’accès à une falaise, pour quelques individus pour qui une recommandation « ne pas sauter » était insuffisante.

Les restaurants en zone blanche sont encore ouverts !

Il y a tellement de personnes qui sont réellement seules à longueur d’année. Je propose à nouveau que nous sortions de cette froideur en allant nous réchauffer dehors. C’est souvent la solution de sortir dehors. Au fait, est-ce qu’un feu de joie brûle les particules aérosol du méchant virus? Je ne sais pas, mais c’est clair qu’on va essayer d’en faire un assez chaud pour que l’on puisse se regrouper sans avoir à trop se coller pour avoir chaud.

Pendant ce temps, dans les stations de ski du voisinage, on prépare les canons pour faire tomber la neige, qui, tel un vaccin salvateur, nous permettra de s’immuniser contre la grisaille des redoux, pour glisser allègrement vers le printemps. Respirer un bon coup en dehors du masque de temps en temps, je vous le recommande fortement!

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