réflexion autour du logement social

Par Nathalie Deraspe

Tout dernièrement, le Collectif des Laurentides en santé mentale a réuni près de 125 intervenants et spécialistes au Jardin sous la nef de Sainte-Adèle. Le but? Dégager des pistes de solutions dans l’espoir de venir à bout de la crise du logement qui sévit chez les personnes aux prises avec des troubles psychiques.

Malgré le fait qu’un exercice semblable ait eu lieu deux semaines auparavant à Deux-Montagnes, la rencontre a suscité beaucoup d’intérêt. Seule ombre au tableau, un seul conseiller municipal pour représenter l’ensemble des élus de la région. La santé mentale n’a jamais eu la cote. Il y avait bien Claude Ducharme, maire de Sainte-Anne-des-Lacs, mais il était sur place afin de dévoiler les grandes lignes d’une recherche sur l’habitation et le logement social réalisée au cours des derniers mois pour le compte de la Conférence régionale des élus. Une façon éclairée de mettre la table.

Même si le dossier logement ne relève pas directement du domaine de la santé, le CSSS était bien représenté. «Si les médicaments étaient aussi peu accessibles, on ruerait dans les brancards», affirme Lucie Lalonde, coordonnatrice du programme santé mentale au Florès. Un sondage maison complété de façon anonyme par le Collectif en santé mentale indique en effet que la très grande majorité des gens sondés dépensent plus de 50% de leur budget au logement. La majorité d’entre eux fréquente les soupes populaires au moins une fois par semaine. Une façon comme une autre de boucler les fins de mois.

Les estimés démographiques prévoient des croissances de population phénoménales pour les Laurentides. Dans le lot, plus de personnes âgées, de familles monoparentales et de personnes seules. Selon le territoire étudié, l’offre de logement y est de faible à très faible. Dans les Pays-d’en-Haut, la situation est plus critique que n’importe où ailleurs. «Le retard est extrêmement important et devra tôt ou tard être comblé», dit Claude Ducharme.

Pour l’heure, les listes d’attente s’allongent dans les Offices d’habitation du Québec. Dans la région, ils seraient 1 200 à espérer trouver un refuge à la mesure de leurs moyens. Mais l’argent et les ressources manquent.

Bien qu’elles fassent partie de la solution, les coopératives d’habitation sont pratiquement choses du passé. S’il s’en est construit une dizaine avant 1983 au sud des Laurentides, dont deux à Saint-Jérôme, cette présence est aujourd’hui pratiquement éteinte. Certaines d’entre elles devraient débourser jusqu’à 35% de la facture pour profiter du programme Accès Logis. Pour plusieurs élus, cela représente un véritable suicide politique.

Certains proposent que le Programme de supplément au loyer, communément appelé PSL, soit plus malléable. Une équipe de Québec suggère des protocoles d’entente qui assurent un suivi entre la clientèle, le réseau d’habitation et les CSSS. Le soutien au logement du projet Clés en main comprend la réadaptation à domicile, l’intervention en situation de crise, l’enseignement de diverses habiletés ainsi que l’aide et le soutien aux tâches quotidiennes. On a même réussi à obtenir un engagement de la ville à l’effet que 10% de tout projet d’habitation futur soit réservé à la clientèle en santé mentale. Parallèlement, l’organisme exhorte le gouvernement à dégager 4,5 M$, soit l’équivalent de 12 000 PSL afin de soulager les listes d’attente. «Le FRAPRU réclame 50 000 logements sociaux, mais juste à Québec, on aurait besoin de 1 000 unités en santé mentale. À 50 par an, on n’y arrivera pas», estime le coordonnateur Mario Bousquet.

Plus près de nous, la MRC des Pays-d’en-Haut a adopté une résolution afin de réserver 350 000$ par an pour promouvoir tout projet de logements sociaux sur son territoire. Cette somme provient du Fonds de la ruralité mis en place par Québec pour soutenir les communautés. Cette année, la ville de Sainte-Adèle pourra bénéficier de 120 000$ pour son projet de 41 unités qui devrait voir le jour en 2011.

Pendant qu’avait lieu cette journée de réflexion, le FRAPRU manifestait devant les bureaux de Stephen Harper à Ottawa pour protester contre les coupes dans le logement social. À compter du 1er avril 2011, le fédéral signe la fin des mesures de relance et réduira son aide de 1 milliard de dollars dans ce secteur.

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