Réflexion d’une baby-boomer

Par Jocelyne Cazin

Jocelyne Cazin, inspirante et inspirée collaboratrice de longue date d’Accès, a accepté de nous livrer cette réflexion toute en clin d’oeil sur les Boomers… À lire, à sourire, à réfléchir.

On dit que la vallée de Saint-Sauveur abrite le plus grand nombre de personnes âgées de 50 ans et plus au Québec. Très franchement, je le crois ! Pas besoin de statistiques officielles pour constater que le nord a pris un coup de vieux depuis les cinq dernières années!

 

Je crois aussi qu’une bonne partie de ces nouveaux retraités laurentiens sont venus s’installer dans le nord pour y vivre une vieillesse heureuse et paisible, au son mélodieux des «ti-s’oiseaux»! Demandez aux agents d’immeubles! Ils vous diront qu’heureusement que les 55 ans et plus existent…pour garnir leur portefeuille!

Après 30 ans de vie urbaine, n’en pouvant plus d’une circulation de plus en plus lourde, des bruits de plus en plus assourdissants, des gens de plus en plus individualistes, j’ai mis la clé dans la porte du condo du centre-ville en chantonnant «j’arrive Liberté 57». Retour à mes Laurentides de rêve! Celles qui m’ont vue grandir… et faire mes 400 coups !

Je me présente: je suis le parfait prototype de la génération née au début des années 50. Tellement, qu’une journaliste m’a un jour lancé, alors que j’amorçais ma cinquantaine, que je devrais songer à laisser ma place aux plus jeunes. Ce fut mon premier choc des générations. J’étais une sale baby-boomer qui s’accrochait à la vie, à la «job», je faisais de l’ombre à la génération –X- qui tentait de se faire une place au soleil.

À 57 ans, j’ai saisi l’occasion et ce n’était pas pour faire plaisir à cette journaliste. Je correspondais ainsi à 45 pour cent des nouveaux retraités du Québec, en 2008, 2009, qui avaient moins de 60 ans. Chanceuse! Je pouvais me le permettre, d’autant plus que prendre ma retraite de TVA ne voulait surtout pas dire me mettre en retrait. C’est probablement la définition souhaitable d’une bonne partie de retraités.

Tous ces baby-boomers des Laurentides n’ont peut-être pas la même chance et doivent encore gagner leur pain durement. J’écris durement, parce qu’en préparant cet article, je suis tombée sur le texte de Denyse Pinsonneault dans ce même journal du 21 septembre 2010. Décidément, le journal Accès aime bien gratter la croûte générationnelle!

Voici donc un extrait de l’article «Les baby-boomers ont tout eu»: …Oui, je vous l’accorde, il y en a plusieurs des 50-65 ans qui reçoivent de grosses pensions juteuses à la fin de leur carrière, mais c’est loin d’être la majorité et c’est surtout pas mon cas. Croyez-moi, les boomers, ces dinosaures dont je fais partie ont pour la plupart un réel besoin de travailler et se cherchent des jobs décents…. Savez-vous que je devrai travailler jusqu’à un âge avancé, pour ne pas dire jusqu’à la mort, juste pour pouvoir survivre bien maigrement?…

Mme Pinsonneault correspond-elle à la majorité des 55 ans et plus qui doivent encore bosser pour améliorer leur sort ou tout simplement survivre? Il est vrai que rien n’est donné dans les Laurentides. On profite des belles saisons pour gonfler les prix, pensant que seuls les touristes vont «casquer» la grosse facture.

 

Tiens! Une idée en passant pour améliorer l’existence de tous ceux qui accueillent ces milliers de touristes: Une carte citoyenne qui accorderait des prix réduits aux résidents permanents. Peut-être y a-t-on déjà pensé? Bien des baby-boomers qui tirent encore le diable par la queue apprécieraient certainement ce coup de pouce du commerçant.

«Pas seulement les 50 ans et plus Jocelyne!» De me claironner une voix presque adolescente.

Très peu de jeunes viennent s’installer dans nos belles montagnes, qui en passant, méritent plus qu’un regard ces jours-ci.

Payer le gros prix pour une maison, un logement, la bouffe, les loisirs, surtout les loisirs!.«Ils veulent tout cuit dans le bec, ils ne veulent pas travailler les fins de semaines, ils veulent s’habiller comme ça leur plaît, ils demandent des vacances avant même d’avoir eu leur premier chèque de paye, etc.»

On a beau critiquer les générations –X-, -Y-. Elles sont tout de même notre relève. Tant pis un peu pour nous si nous les avons façonnés dans la ouate. Non je n’écrirai pas: on a ce qu’on mérite. Toutefois, il faut se rendre à l’évidence. Le bassin laurentien vieillit, la relève manque de formation et se préoccupe trop de sa qualité de vie et trop peu de son avenir. Alors, quoi faire pour replacer les valeurs au bon endroit? Est-ce trop peu trop tard?

Le mentorat, le parrainage, ça vous dit quelque chose? Le mentorat aide au développement de la carrière et du talent. Le parrainage aide à l’avancement de la carrière. Tous les baby-boomers n’ont peut-être pas le talent, le désir, la santé de contribuer à améliorer la qualité de vie de notre magnifique région, mais il me semble qu’être proactif donnerait une option de plus sur le bonheur.

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