Réfugiés afghans « L’urgence est de les sortir du pays »

Par Marie-Catherine Goudreau
Réfugiés afghans « L’urgence est de les sortir du pays »
Nadine Girault est ministre des Relations internationales et de la Francophonie, ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et ministre responsable des Laurentides. (Photo : Courtoisie )

Le Québec s’apprête à recevoir 300 réfugiés de l’Afghanistan, alors que le pays est en crise depuis quelques semaines. Tout un plan est élaboré par le gouvernement québécois qui va prendre en charge ces personnes. « On commence avec 300, mais notre but est d’en accueillir le plus possible », déclare Nadine Girault.

Mme Girault est ministre responsable de la région des Laurentides et députée de Bertrand. Elle est aussi responsable des relations internationales, de l’immigration, de la francisation et de l’intégration. À ses yeux, la situation est « épouvantable » et il est urgent de sortir les personnes vulnérables du pays, tombé aux mains des Talibans. Les femmes, les enfants et les personnes de la communauté LGBTQ+ devraient être parmi les premiers à être évacués selon elle.

Priorité aux personnes vulnérables

« J’imagine toutes ces femmes qui ont travaillé et négocié pendant plus de 20 ans pour avoir des droits – des droits dont on ne pense même pas ici et qui sont tout à fait normaux pour nous – et qu’elles reviennent 20 ans arrière, maintenant. C’est vraiment crève-cœur », se désole Mme Girault, en entrevue avec le journal vendredi dernier. En tant que ministre et femme, elle souhaite que leur accueil se fasse de la meilleure façon possible, en les intégrant et en les accompagnant lors de leur arrivée.

C’est le gouvernement fédéral qui s’occupe de choisir et d’identifier les réfugiés qui viendront au Canada. « Dans le premier groupe, on a principalement demandé, et le fédéral était d’accord avec ça, des gens qui avaient collaboré avec le Canada dans les dernières années, donc qui sont très à risque dans le régime taliban », explique Mme Girault. Le gouvernement québécois souhaite aussi accueillir la population plus à risque. « On ne sait pas encore la proportion de femmes, d’hommes et d’enfants. »

Accueil et intégration

Les réfugiés atterriront à Toronto pour y faire une quarantaine durant laquelle ils seront vaccinés. Ceux à destination du Québec seront pris en charge directement par le gouvernement du Québec, explique la ministre. « On a envoyé des fonctionnaires à Toronto pour s’assurer de la communication, pour qu’ils comprennent ce qui se passe et les accompagner. C’est la façon la plus rapide et agile d’assurer leur arrivée en contexte de crise. » Une fois arrivés au Québec, les réfugiés seront présentés aux organismes partenaires du gouvernement qui les prendront en charge.

Ces organismes ont été choisis selon les régions de la province où l’on retrouve des communautés afghanes. Les réfugiés seront donc envoyés dans des villes comme Sherbrooke, Montréal, Brossard ou Laval, où « il sera plus facile pour eux de s’intégrer ». La capacité d’accueil dans ces villes reste encore à évaluer, mais environ 14 organismes travaillent avec le gouvernement à l’heure actuelle pour organiser l’accueil des réfugiés. « On est en situation de crise, donc on y va avec les organismes qu’on connait et qui ont déjà travaillé avec les réfugiés pour s’assurer que ces gens arrivent dans les meilleures conditions possibles », affirme la ministre. Dans les Laurentides, il n’est pas prévu d’accueillir des réfugiés afghans.

« Ils n’arrivent avec rien »

Par le programme québécois d’accueil des réfugiés, le gouvernement prend en charge ces personnes et les aide à répondre aux besoins de première nécessité. « C’est nous qui les aidons à se trouver un logement, qui leur donnons de l’argent, du linge, de la nourriture. Ils n’arrivent avec rien », souligne Mme Girault. Au fur et à mesure, le gouvernement compte ajuster les services offerts aux réfugiés, selon l’évolution de la situation. « On a des excellents programmes de francisation et d’intégration qui fonctionnent excessivement bien. […] J’ai très confiance qu’ils vont rester », croit-elle.

Alors que le Québec a principalement un rôle de prise en charge et d’accueil dans cette crise, le gouvernement travaille avec le fédéral pour gérer l’arrivée de réfugiés. « Je fais confiance au gouvernement canadien pour gérer l’évacuation. On va espérer que ça se passe de la meilleure façon possible et qu’on soit capable de les sortir de là. Parce que c’est vraiment ça l’important, c’est qu’ils s’en sortent », conclut la ministre Girault.

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