Nathalie Petrowski : OK Boomer ou la perception des autres générations

Par France Poirier
Nathalie Petrowski : OK Boomer ou la perception des autres générations
(Photo : Marjorie Guindon )

Michel Lacombe et Nathalie Petrowski forment un couple dans la vie depuis plus de 30 ans. Cet été, pour la première fois ils ont travaillé ensemble sur lCI Première à Radio-Canada.  L’émission Ok Boomer a été en ondes durant huit semaines dans laquelle on discutait des générations.

 

« Radio-Canada nous avait approchés l’année dernière, mais j’étais trop occupée. Cette année ç’a bien tombé. On pouvait faire une émission de couple, mais je voulais parler des générations. Ç’a m’a toujours intéressée et avec tout ce qui est arrivé cette année et l’affaire Ok Boomer, c’était une belle occasion de revenir sur cette expression qui est assez péjorative », souligne Nathalie Petrowski. Elle nous rappelle que cette expression est née d’un boomer qui radotait sur les réseaux sociaux contre les jeunes. L’un d’eux a fait un montage sur l’application TikTok et a écrit Ok Boomer, expression qui a été reprise et qui est devenue virale.

« On voulait les écouter »

Ils ont décidé de prendre la situation à l’inverse. « Ils disent qu’on ne les écoutait pas, et bien on va les écouter. On a rencontré, des millénariaux, des X et on voulait voir si on s’était éloigné sur le plan des pensées et des valeurs. Ç’a été très agréable », ajoute l’animatrice.

La situation économique

Elle dit connaître bien sa génération, celle des Boomers qui, par le poids du nombre et de la démographie, a pris beaucoup de place et brassé bien des affaires. « Puis, les X sont arrivés avec un poids démographique moindre, ils nous en voulaient beaucoup dans un déclin économique. Après sont arrivés les millénariaux dans une meilleure situation économique ».

« Les cohortes sont différentes et c’est intéressant à cause des situations économique, démographique et sociale. C’est certain qu’on savait qu’il y avait des différences générationnelles. Michel et moi avons un fils de 29 ans qui est allé à l’UQÀM, on connaît pas mal ses valeurs et nous ne sommes pas toujours d’accord avec lui. On l’écoute et il nous influence quand même, j’ai de bonnes discussions avec lui. On s’obstine pendant des heures et il a de bons arguments », raconte madame Petrowski.

De belles découvertes

« Le sujet de l’identité de genre, on voulait faire ça et on souhaitait en connaître plus. On a fait de belles rencontres, je dirais encore plus pour Michel. On souhaitait parler avec une personne transgenre. Un moment donné j’ai parlé de Khate Lessard de OD. Michel me répond : « C’est qui Khate Lessard et c’est quoi OD? » Quand je lui ai dit Occupation double, il ne voulait rien savoir. Je regarde l’émission pour C’est juste la TV, à chaque fois et il capote », lance-t-elle en rirant.

Ils ont décidé de faire l’exercice de parler à Khate. « On n’avait personne et le temps filait. On a fait une première entrevue. Michel a fondu. On a fait l’entrevue en onde et elle a été absolument formidable, à la fin Michel voulait l’adopter. Elle était d’une candeur », ajoute-t-elle.

Elle souligne que Michel et elle ont dix ans de différence. « La plupart des sujets de l’émission nous n’étions pas d’accord. On ne voyait pas les choses de la même façon, mais avec ce sujet, il a vraiment appris grâce à Khate, ça été rafraîchissant pour nous. »

Les sujets diffèrent par rapport aux générations

« Je pense qu’avec les millénariaux et les Z, il y a un plus grand fossé de générations. Évidemment, il y a la lutte aux changements climatiques, mais on est assez d’accord et on comprend cette lutte. Par ailleurs, les différences marquantes sont la famille avec des modèles bien différents des nôtres et évidemment le travail. Ils ont des attentes par rapport au marché du travail, ce n’est pas comme nous. Nous, on se réalise dans notre travail, on est prêt à faire beaucoup. Pour eux, c’est le milieu qui est important. Quand le boss commande c’est comme une agression pour certains millénariaux. On faisait des blagues en disant que ça prend la machine à café expresso, des jeux. Ils ont l’embarras du choix alors quand ça ne fait pas leurs affaires, ils s’en vont. Ils peuvent même choisir de baisser de salaire pour des conditions et un milieu de travail. »

Elle ajoute qu’il y aurait eu plein de sujets à discuter et que si on leur demandait de refaire une série d’émissions l’été prochain, ils seraient prêts. « C’est tellement riche comme sujet », souligne la journaliste retraitée de La Presse.

Vous associez-vous à votre génération ?

Lorsqu’ils préparaient l’émission, ils ont découvert une description des boomers, « travailler toute sa vie, mettre de l’argent de côté, prendre sa retraite à 65 ans et après profiter de la vie ». « Nous on travaille encore je ne me vois pas là-dedans, je ne me vois pas dans une résidence pour aînés. Là-dessus, on ne ressemble pas au boomer moyen », ajoute-t-elle.

Autres projets

Nathalie Petrowski travaille actuellement sur un documentaire qu’elle co-réalise sur la liberté de création et toutes les injonctions servies aux artistes sur l’appropriation culturelle : Ne touche pas à ma culture. « Je suis pour la diversité, mais pas l’appropriation culturelle, je pense qu’on peut tous parler d’autres cultures. » Elle fait aussi partie de l’équipe de l’émission C’est juste de la TV sur ICI ARTV.

 

« OK Boomer » trouve son origine dans une vidéo où l’on voit un homme âgé qui déclare que les « millénariaux et la génération Z sont atteints du syndrome de Peter Pan, ils refusent de grandir et pensent que les idéaux utopiques qui ont bercé leur jeunesse vont se réaliser à l’âge adulte ». La vidéo a inspiré l’expression « OK Boomer », comme réplique et critique des idéaux des générations précédentes qui ont fortement marqué la politique, l’économie et l’environnement.

Source : Wikipédia
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