Rien ne sera plus jamais pareil

Par Lili Gagnon
Rien ne sera plus jamais pareil
Lili Gagnon (Photo : Julie Beauchemin)

Il y aura toujours le avant COVID-19 et le après.

 

Fini les bises en guise de : « Enchanté », fini les poignées de mains spontanées. Ces gestes seront maintenant réfléchis, calculés.

Je n’ai jamais souffert de mysophobie, je suis plutôt de l’école : « Bah… Un peu de terre, ça renforce le système immunitaire ». Mais dernièrement, cette crise nous force à changer nos comportements.

Lorsqu’on doit aller à l’épicerie…

Bien oui, je vous parle encore d’épicerie. Mais arriver à faire ses courses c’est comme traverser un champ de bataille.

Il y a des gens qui se foutent complètement de la notion de distanciation sociale. C’est grave. C’est dangereux. Ça suscite la colère. Et ça fait voir des côtés de l’être humain qu’on aimerait mieux ne pas connaître.

Pourtant, la plupart des commerces qui sont encore ouverts nous demandent maintenant, avant d’entrer, si nous avons voyagé dans les 14 derniers jours et si nous avons de la toux ou de la fièvre. Il y a deux employés qui nous accueillent avec des produits désinfectants et de grands sourires. Y’a des marques au sol pour offrir un visuel à ceux qui n’auraient pas pigés.

Comment en me tenant loin d’un couple dans une allée, j’ai réussi à saisir qu’ils appelaient des gens pour connaître leurs sortes de bières préférées et qu’ils allaient se rejoindre dans un chalet pour le week-end. Le gars a même osé me lancer en me croisant : « On n’achètera pas de la Corona, on ne voudrait pas attraper le Coronavirus. »

J’avais le goût de lui crier : « Ben voyons Tata! Si tu côtoies des gens qui n’habitent pas dans la même maison que toi, tu commets un crime. Coudonc, es-tu égoïste ou ignorant? »  Mais, je suis restée muette.

Pis y’avait l’autre, je vais l’appeler Jacqueline. Jacqueline a 50 ans, pas mal bien shapée pour son âge, des marques du soleil ont abîmé son visage. Comme elle adore se prélasser sur les plages de la Floride, elle vient tout juste de rentrer chez elle et fait tranquillement son épicerie en jasant avec son chum. Elle s’en vient clairement sur moi. Elle n’a aucune conscience de l’espace qu’elle doit laisser entre elle et moi. Je lui lance un regard de feu pour la faire comprendre. Non, elle me pourchasse dans l’épicerie. Pendant que je prends garde à ne toucher QUE ce que je choisis d’acheter. Elle repasse près de moi en lançant à son chum : « De toute façon, tu vas voir, le monde capote avec ça, ici… »

Et rendu à la caisse, y’a l’engueulade entre un homme et une femme. Il l’accuse de ne pas avoir gardé ses distances. Elle le menace d’appeler la police… tout cela est d’une tristesse. J’vous jure, l’épicerie c’est devenu un terrain miné. J’ai pris la peine de remercier la gentille caissière. Quel boulot incroyable ils font pour nous! On peut remercier cette belle jeunesse qui se dévoue dans leur effort de guerre.

Québec, on fait une sacrée bonne équipe, j’pense juste qu’on devraient tous s’éduquer entre nous, pour être encore meilleurs.

 

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