Rions un peu avec Stephen Harper et son modèle canadien partie 2

Par Leo-Paul Lauzon

Au Chili, Stephen Harper, l’innocent, a dit qu’il était stérile et futile de s’attaquer aux inégalités puisque, selon lui, il y en a si peu au Canada; à la pauvreté, qu’il préfère ne pas voir et à la lutte des classes puisque comme, au Québec, il y a ici très peu de riches qu’il faut laisser s’enrichir en sainte paix sans trop les taxer.

Petite nouvelle pour Stephen Harper, mais dans un sondage international sur les problèmes de l’heure mené par le sondeur Jean-Marc Léger et reproduit dans Le Devoir du 27 mars 2006, pour les Canadiens, le problème le plus important et de loin avec 26% contre 10% pour le deuxième (problèmes environnementaux) est la pauvreté et les écarts entre riches et pauvres. Plus crasse que Stephen, tu meurs. Puis, dans un autre sondage mené par l’Association d’études canadiennes et reproduit dans Le Devoir du 4 mai 2007, les principales préoccupations des Canadiens et des Qué­bécois sont l’égalité entre les sexes, le système de santé universel, pas privé comme veut nous l’imposer les profiteurs, et la réduction des écarts entre les riches et les pauvres. Dans l’article du Journal de Montréal du 29 mars 2006 intitulé «Clas­sement du PIB (produit intérieur brut) par habitant: L’économie du Québec est au 20e rang mondial» sur 235 pays, tel que déterminé par l’Institut de la statistique du Québec.

On a au Québec un PIB par habitant égal à des pays comme l’Allema­gne, la France et la Finlande. Le problème pour les Canadiens et les Québécois, ce n’est pas pantoute la création de richesse mais bel et bien sa répartition équitable afin d’atténuer les énormes écarts grandissants entre les riches et les pauvres et d’éradiquer la pauvreté incessante qui sévit dans un pays et une province où l’on a justement jamais créé autant de richesse.

Mais ça, vos politiciens n’en veulent pas, n’étant pas du tout intéressés à réduire les inégalités. Bien au contraire, ils adoptent des politiques qui les accentuent. Ils veulent vous remplir comme des valises en vous faisant croire qu’en mettant l’emphase sur la création de richesse, on réduira, grâce aux bienfaitrices lois du marché et à la compassion des riches, les inégalités et la pauvreté, ce qui est intégralement faux. Dans une étude majeure rendue publique en mai 2007 par Statistique Canada et reproduite en partie dans Le Devoir du 12 mai 2007 sous le titre de: «Les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres.

Et la classe moyenne est une espèce en voie de disparition», il est mentionné que: «La tendance se confirme: le clivage entre riches et pauvres s’est considérablement (sic) accentué au Canada au cours des 20 dernières années… La disparité des revenus des mé­nages après impôts est désormais de «grande ampleur» peut-on lire dans cette étude intitulée «Inégalité et redistribution du revenu au Canada, 1976 à 2004. Pour le statisticien René Morissette, de Statistique Canada, l’affaiblissement des systèmes de redistribution de la richesse collective au cours des dernières années (sic), jumelé aux inégalités croissantes des revenus offerts par le marché du travail depuis plus de 30 ans (sic), serait à l’origine de cette plus grande disparité entre riches et pauvres au pays. Le marché a toujours généré des inégalités a-t-il indiqué. Or, avant 1989, les programmes de transfert de la richesse et les impôts avaient un effet égalisateur (sic) et limitaient l’écart entre les riches et les plus pauvres.

Mais depuis 1990, ce n’est plus le cas (sic)». Pourtant, depuis 1990 et bien avant, on a jamais créé autant de richesse au Québec et au Canada et les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés en pourcentage du produit intérieur brut, comme le laisse voir les titres de l’article du Journal de Montréal du 23 février 2007: «Les profits des entreprises ont atteint un sommet» et du Devoir du 21 juin 2007: «Canada: la croissance la plus forte du G7». Je vous laisse trouver l’erreur, mes amis.

Cette importante étude a fait l’objet seulement d’un minuscule encart dans La Presse et de rien du tout dans le Journal de Montréal. Les chroniqueurs et les éditorialistes de ces médias ont tenu ça mort, les lucides et leurs semblables, comme par hasard, n’y ont attaché aucune importance, de même que Stephen Harper, Jean Charest et Pauline Marois dans la conception de leur projet de société moderne et leur modèle adapté.

Cachez ces vérités que le peuple ne doit pas voir car il est important de les gaver de mensonges et de sophismes si l’on veut parvenir à nos fins abjects. Ignorez totalement cette étude majeure de Statistique Canada, quelle merveilleuse leçon d’éthique et de rigueur journalistique et politique.

Oups, Stephen, lors de ses récentes péripéties en Amérique Centrale et du Sud, a aussi oublié de mentionner ceci dans sa vision idyllique du modèle canadien: «L’ONU sermonne le Canada pour sa mollesse dans la lutte contre la pauvreté», titre de l’article du Devoir du 23 mai 2006, dans lequel on mentionne que: «Le Comité d’experts indépendants de l’ONU est particulièrement préoccupé par la persistance des problèmes de pauvreté, de faim et de logement malgré la prospérité économique qui existe au Canada. Le Comité note des lacunes sévères (sic) en ce qui a trait au salaire minimum, aux prestations d’aide sociale, à la protection de l’assurance-emploi et à l’accès aux logements sociaux». Comme Stephen Harper, les Jean Charest et Pauline Marois, les lucides, le patronat et leurs faire-valoirs, ainsi qu’Alain Dubuc et André Pratte de La Presse à Power Corp. ont passé sous le tapis cette étude de l’ONU.

Quant on y regarde d’un peu plus près et avec un peu plus d’objectivité et d’honnêteté, le modèle canadien en est un à rejeter et c’est ce qu’ont fait les pays d’Amérique latine qui, pour la plupart, ont élu récemment des gouvernements socialistes. Meilleure chances la prochaine fois, si prochaine fois il y a, monsieur Harper!

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