ROCL : Les organismes communautaires s’attendent à un meilleur soutien

Par Ève Ménard (journaliste de l'initiative locale)
ROCL : Les organismes communautaires s’attendent à un meilleur soutien
Benoit Larocque, coordonateur du ROCL. (Photo : Archives)

Dans un communiqué publié le 10 juin dernier, le Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL) déplore les difficultés d’accès aux différents fonds d’urgence et le manque de soutien financier récurrent de la part du gouvernement et ce, dans un contexte où celui-ci n’a jamais autant compté sur les organismes communautaires pour soutenir les personnes en situation de vulnérabilité.

 

En entrevue le 11 juin, Benoit Larocque, coordonateur du ROCL, soulignait que dans le contexte actuel de la pandémie, les organismes ont dû s’adapter très rapidement afin de soit continuer d’offrir des services en présence, comme c’est le cas pour les maisons d’hébergement
pour femmes victimes de violence conjugale ou les organismes en itinérance, ou de poursuivre les services différemment et à distance.

Des fonds insuffisants et des exigences

Le défi actuel pour les organismes réside dans ce qui touche les fonds d’urgence. « Il y a des groupes qui n’en ont pas besoin, mais il y a des groupes qui en ont besoin. Il y a une certaine incohérence ou une difficulté à suivre; par où faire les demandes, les redditions de comptes qui sont différentes et plus ou moins exhaustives. […] C’est abusif un peu toutes ces exigences au moment où l’on veut faciliter les choses pour la reprise économique et dans le secteur de la construction. Dans le milieu communautaire, pour des fonds d’urgence qui sont parfois de l’ordre de quelques centaines ou quelques milliers de dollars, on nous demande des redditions de compte très rapides et exigeantes », indique le coordonateur. Il s’agit d’exigences qui s’ajoutent à une charge de travail déjà très importante pour les organismes.

D’ailleurs, Monsieur Larocque affirme que les fonds octroyés sont insuffisants, soulignant que pour la région des Laurentides, 1,8 M $ avait été demandé par les groupes et qu’ils n’ont reçu qu’environ 830 000 $. « Et en même temps, il y a des fonds qui arrivent du fédéral,
mais là aussi, il y a une confusion. […] Comment on peut se retrouver là-dedans avec des exigences différentes? Il y a des groupes qui me disent que c’est compliqué et qu’ils vont laisser faire. »
Le coordonateur compare la situation à la réalité des marchés aux puces : « Tu arrives et il faut que tu fouilles et que tu essaies de trouver et de te reconnaître. »

Une pression pour les organismes

Tout de même, Benoit Larocque reconnaît sentir une bonne volonté, mais que les difficultés associées aux demandes pour des fonds d’urgence et les incohérences qu’elles suscitent ajoutent une pression supplémentaire sur les organismes. « La CAQ avait mis dans son programme, quand ils étaient en campagne électorale, qu’ils voulaient faciliter le travail pour les organismes et éliminer la bureaucratie. Mais ce n’est pas ce qu’on voit; c’est plutôt le contraire. »

Le coordonateur du ROCL craint-il que certains organismes ne survivent pas à la crise actuelle? « Ce n’est pas impossible », avoue-t-il. « Il y a beaucoup d’organismes qui ont des manques à gagner sur l’auto-financement et les revenus complémentaires. Les levées de fonds, ça ne tient plus. Il y a des programmes de financement qui ont aussi été mis sur la glace. Beaucoup d’organismes ont des pertes de revenus. C’est pour ces organismes-là que je m’inquiète. Ce n’est pas nécessairement une fermeture, mais une réduction des effectifs, des mises à pied et certaines difficultés financières. »

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de