Sainte-Adèle : Blocus citoyens contre le parc industriel

Par Nathalie Deraspe
Sainte-Adèle : Blocus citoyens contre le parc industriel

Jeudi dernier, le conseil municipal de Sainte-Adèle a été pris d’assaut par une soixantaine de citoyens venus réclamer l’abandon du projet de parc industriel dans leur secteur.

 

Il était 19h pile et la salle du Conseil était déjà pleine à ras bord. Les élus, surpris de voir apparaître tant de gens, ont dû fournir une dizaine de chaises supplémentaires pour asseoir tout ce beau monde. L’atmosphère était tendue. D’un ton calme, le directeur du département d’urbanisme Jean-Pierre Dontigny a résumé le projet en répondant au fur et à mesure aux questions qui fusaient de l’auditoire. Le maire Réjean Charbonneau s’est interposé en tant que modérateur, tentant de dissiper tant bien que mal les craintes des riverains du projet. 

 

Tel que présenté sommairement lors de la soirée du 3 novembre dernier, le parc para-industriel de la Vallée-du-golf compterait deux usages. L’un commercial (on y accueille déjà une entreprise de transport ambulancier), l’autre industriel. Des ateliers d’artisanat, des établissements liés à la technologie, à l’industrie manufacturière, à l’alimentation, au textile, aux meubles et à certains commerces de gros pourraient y voir le jour, tout comme des commerces liés à l’industrie lourde (préfabrication de maisons). Le site ne permettrait aucun entreposage extérieur, ni aucune activité ne causant de la fumée, des odeurs, ni aucune vibration perceptible à l’extérieur des bâtiments. Si elle va de l’avant, la Ville envisage de suivre les principes de développement durable. Le site possède un potentiel de 16 terrains de 4000 mètres carrés. Une zone tampon de 30 mètres serait érigée afin de protéger le boisé avoisinant. Aux dires du responsable de l’urbanisme, le zonage actuel permettrait pareil projet.

 

Étonnamment, la soixantaine de personnes qui s’étaient déplacées pour signaler leur opposition au projet n’ont reçu aucune invitation de la part de la Ville. C’est un des leurs, Jean-Louis Préveau, qui a dû passer le message à l’ensemble de ses voisins qui ont relayé l’information. Une entorse qu’il a vite fait de mettre au nez du maire. « Vous nous avez dit que vous faisiez partie d’un comité. On a convenu que vous alliez faire les invitations», a déclaré Réjean Charbonneau, en guise d’explication. 

 

Lundi matin, ce dernier a admis qu’il aurait pu faire mieux. D’autant plus que son équipe s’est fait élire sous le spectre de la transparence. Un détail qui n’a pas manqué d’être souligné à la sortie de la rencontre de jeudi.

 

Un NON sans équivoque

Tour à tour, les citoyens sont venus dire aux élus qu’ils tenaient mordicus à ce petit boisé où gambadent chevreuils et amateurs de raquette. « C’est une forêt en régénérescence », a lancé Jean-Guy Ricard. « Pourquoi ne pas construire autour du Technoparc abandonné? » a questionné Stéphane Chalifoux, approuvé aussitôt par des applaudissements. « On vient de tuer la Rolland », a-t-il renchéri. Pascale Gosselin a rappelé pour sa part que le site de la Ville prône la nature et la qualité de vie. « J’ai l’impression qu’on est en train de se tirer dans le pied. Le parc, c’est la porte d’entrée de Sainte-Adèle, avec le cours d’eau, le golf et le petit village. » Le témoignage d’un nouvel Adélois est venu clore avec éloquence le débat de la soirée. « J’ai vécu le même scénario qu’on propose à Vaudreuil, où j’ai habité 20 ans, a confié Marcel Gravel ému. Y’avait le lac des Deux-Montagnes, la forêt. Au début, des petites entreprises sont venues s’installer. Mais on a fini par tout perdre le bien-être qu’on avait. » 

 

Au terme de ces commentaires, le maire a indiqué qu’il avait bel et bien entendu le message de ses concitoyens. La discussion s’est poursuivie lors de l’assemblée de Conseil mensuelle, qui avait lieu lundi soir. Une décision sera rendue d’ici deux semaines, mais aucun référendum n’est prévu à ce sujet.

 

De leur côté, les citoyens ont promis de demeurer vigilants. Pour sa part, le préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, Charles Garnier, a confessé qu’il s’était mouillé un peu trop vite en déclarant récemment que Sainte-Adèle comptait déjà La Roland comme éléphant blanc. « Il a manqué une occasion de se mêler de ses affaires », a répliqué Réjean Charbonneau.

 

À noter que le document déposé sur le site de la Ville après la grande messe du 3 novembre demeure désormais introuvable.

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