Sainte-Adèle : Faut-il ou non garder la croix ?

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Sainte-Adèle : Faut-il ou non garder la croix ?
Quelle est l’importance de la croix pour les Adélois ? (Photo : Courtoisie )

Françoise Le Guen

En marge du débat sur la laïcité, une citoyenne de Sainte-Adèle se questionne sur la pertinence de garder la croix. Une croix qui a fait couler beaucoup d’encre depuis maintenant 13 ans, en plus de coûter très cher, notamment à la ville et ses contribuables.

Cette citoyenne qui désire garder l’anonymat se demande si la population y tient au point de continuer à dépenser en honoraires d’avocats et en entretien. « A-t-on consulté les citoyens ? Avec cette saga qui dure depuis longtemps et coûte très cher, est-ce qu’il est nécessaire de garder la croix ? Nos jeunes qui seront les futurs propriétaires payeurs de taxes désirent-ils la conserver ? Quelles sont nos priorités ? Est-ce qu’il est plus judicieux de dépenser de l’argent pour une croix ou pour aider les gens dans le besoin ? »

Points de vue

Le curé André Daoust

Le curé André Daoust est impliqué depuis cinq ans dans le conflit de la croix « pour défendre les intérêts de ses paroissiens qui en assument les frais et non pas pour défendre M. Lupien. Je suis en contact avec beaucoup de gens en colère qui me disent que ça n’a aucun sens que la réponse des poursuivis, des ex-représentants élus et des fonctionnaires de la ville soit confidentielle. Ils ne comprennent pas qu’ils ne paient aucuns frais pour se défendre puisque c’est la ville qui les assume, et qu’en plus, ils auraient le pouvoir de bloquer l’arbitrage. »

Par ailleurs, la paroisse veut collaborer avec la ville. « Nous sommes prêts à reprendre la croix. On est en négociation avec la ville qui a demandé à M. Lupien de signer un contrat notarié pour une servitude réelle et perpétuelle, mais il ne peut pas le faire. »

Selon le curé, la croix est un symbole de Sainte-Adèle. « Elle est là depuis 1927 et elle est présente sur les armoiries de la Ville. Les gens y tiennent beaucoup. Je ne pense pas que ça soit nécessairement pour l’aspect religieux, même si ici il y a beaucoup de croyants, mais parce qu’elle est un monument patrimonial. »

La mairesse Nadine Brière

Selon Nadine Brière, la mairesse de Sainte-Adèle, la croix est un patrimoine important. « Pour plusieurs citoyens, la croix fait partie du patrimoine. En 2008 jusqu’à la mi-2009, elle était éteinte. Et même si demain matin il n’y avait plus de croix, la saga judiciaire qui y est reliée n’est pas terminée parce que M. Lupien poursuit la municipalité pour 13 M$ en dommages. Ce n’est pas juste la question de conserver la croix ou non, il s’agit d’un citoyen qui poursuit la municipalité et des successions. » Selon la mairesse, l’entretien de la croix coûte moins de 6 000 $ par année.

Pour l’instant, la ville de Sainte-Adèle attend de savoir si elle peut aller en arbitrage, « étant donné que 18 personnes, dont trois successions, doivent donner leur accord puisque M. Lupien a refusé que la municipalité prenne fait et cause pour ces 18 personnes et successions. Ces gens sont poursuivis personnellement par lui ». La mairesse ajoute que « le processus est clair : on a fait une demande pour aller en arbitrage et on souhaite aller plus loin, sauf qu’il faut que les gens soient en faveur et, s’ils ne le sont pas, il n’y aura pas d’arbitrage possible. »

 

La saga de la croix en bref

1927 Sainte-Adèle hérite d’une croix qui était destinée au Mont-Royal.

1996 La paroisse cède la croix à la ville.

2002 Marc Lupien achète le terrain pour y construire une maison. Le conflit avec la ville commence. Les droits de passage vers la croix et le réservoir constituent le cœur du litige.

2006 Marc Lupien conteste le lieu et les modalités du droit de passage des employés de la ville pour l’entretien de la croix.

• Juin 2018 Sainte-Adèle et la Paroisse Notre-Dame-des-Pays-d’en-Haut ratifiait une entente de principe portant sur la cession de la croix par la ville.

• Juin 2018 M. Lupien s’engage officiellement à aller en arbitrage avec l’honorable Pierre Dalphond.

• Janvier 2019 Audience pour le recours collectif intenté contre la ville au Palais de justice de Saint-Jérôme.

2019 La croix appartient toujours à la Ville.

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Michel Groulx
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Michel Groulx

a croix, symbole du christianisme, revêt une grande signification. Mort de Jésus et résurrection. D’autres, sans lui enlever sa dimension religieuse, expliquent sa présence par des facteurs politiques, sociaux et humains. Peu importe, ici à Sainte-Adèle, elle est devenue malheureusement le symbole d’un conflit qui a coûté à ce jour des millions de dollars en honoraires juridiques, privant par le fait même toute une population de fonds publics nécessaires à leur mieux-être. Comment des citoyennes et citoyens peuvent-ils accepter de se faire arnaquer de la sorte? Une solution: s’impliquer et dénoncer. Dis-moi Sainte-Adèle n’y a-t-il pas urgence? La croix, symbole… Lire plus »