Sainte-Anne-des-Lacs a le droit d’interdir les pesticides et les fertilisants

Par Annick Roy-Desautels
Sainte-Anne-des-Lacs a le droit d’interdir les pesticides et les fertilisants
(Photo : Archives)

Weed man perd sa cause

 

Le jugement de la Cour supérieure est tombé le 19 janvier dans l’affaire Weed Man/Sainte-Anne-des-Lacs. La requête pour faire invalider le règlement de la municipalité interdisant l’utilisation des fertilisants et des pesticides a été rejetée. Le règlement de la municipalité reste en vigueur.

Le propriétaire de l’entreprise d’entretien de pelouse,Weed Man Laurentides-Lanaudière, Erick Laporte, a poursuivi la municipalité pour faire annuler son règlement jugé trop restrictif qui empêche la compagnie de desservir sa clientèle. Selon le juge Christian J. Brossard, le règlement respecte la loi fédérale et provinciale sur les antiparasitaires et les pesticides, la municipalité a donc le droit de l’appliquer.

La mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs, Monique Monette Laroche, est claire : « des pesticides et des fertilisants pour des besoins non essentiels, on n’en veut pas. » Elle précise toutefois qu’elle n’empêchera pas la compagnie d’intervenir dans le cas d’une infestation. Les citoyens ont juste à se procurer un permis offert gratuitement.

La mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs,
Monique Monette Laroche.

Un règlement pour protéger les lacs

« On ne peut pas plaire à tout le monde », déclare la mairesse, mais elle souligne que la nature, il faut la laisser tranquille. « On ne veut pas perdre notre qualité de vie, nos lacs, c’est notre richesse », ajoute-t-elle. Un grand nombre de citoyens appuie la mairesse dans sa lutte contre les pesticides et les fertilisants.

Claire Bélanger et Michel Roy, résidents de la municipalité, sont bien d’accord avec le règlement : « les pesticides et les fertilisants, ça se retrouve dans la nappe phréatique et dans les lacs avec le ruissellement des eaux ».

Fabienne Michot a passé beaucoup de temps à Sainte-Anne-des-Lacs lorsqu’elle venait visiter de la famille. Pour elle, c’est une victoire « du gros bons sens », car « l’épandage de produits chimiques est un non-sens pour la santé humaine, animale, pour les écosystèmes, les nappes phréatiques, la biodiversité, etc. » explique-t-elle.

Le fils de Mme et M. Bélanger-Roy, Philippe Bélanger-Roy, enseignant en biologie au Collège Lionel-Groulx confirme également que les pesticides et les fertilisants sont nocifs pour l’environnement.

« Les pesticides sont des perturbateurs endocriniens. Ils peuvent causer des problèmes de stérilité ou le développement de cancers chez les animaux comme chez les humains », précise-t-il. Il ajoute que les fertilisants, eux, contiennent du phosphore, matière qui, en grande quantité dans un lac, rend l’eau toxique. C’est néfaste pour toutes les espèces et la population peut développer des problèmes de santé au foie et aux reins notamment.

Un exemple à suivre

Pour Michel Roy, toutes les municipalités devraient suivre l’exemple, y compris les municipalités agricoles.

« C’est certain que le règlement serait plus difficile à appliquer, car mettre en place des nouvelles techniques, ça prend du temps et le rendement doit être là pour les agriculteurs, mais la culture biologique gagne en popularité », affirme M. Roy, qui s’informe régulièrement sur les questions environnementales.

Weed Man a jusqu’au 10 mars pour aller en appel. Philippe Cassie, franchiseur au Québec, a confirmé que l’entreprise regardait présentement le jugement et qu’elle va rendre sa décision dans les prochains jours. Monique Monette Laroche a confirmé qu’elle continuerait à se battre pour la protection de l’environnement de ses citoyens.

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Richard Allard
Richard Allard
1 année

Victoire du gros bon sens👍