Soins palliatifs : Accompagner et soulager dans la compassion

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Par France Poirier
Soins palliatifs : Accompagner et soulager dans la compassion
Dr Jean-François Rouleau est l’un des fondateurs de la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord. (Photo : France Poirier)

« L’amour soulage beaucoup. À travers nos bénévoles qui sont ici par amour du prochain, nos patients et leurs familles y trouvent un certain réconfort », explique le directeur médical de la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord, Dr Jean-François Rouleau.

 

Par amour des autres, les bénévoles apportent leur couleur à la Maison et l’approche préconisée par l’équipe auprès des familles et des patients favorise une fin de vie de qualité. « Tous nos médecins sont conscients qu’ici on ne prolonge pas la vie, mais on donne une qualité à la vie. On veut que chaque journée soit la plus belle avec moins de symptômes de douleur physique. On travaille avec le patient et sa famille. Lorsqu’un patient est soulagé de ses douleurs physiques, il est plus ouvert, à l’écoute et on peut l’aider psychologiquement. Accepter de mourir c’est difficile, mais se résigner c’est possible », explique docteur Rouleau.

Celui-ci œuvre en soins palliatifs depuis 1993. Il a débuté à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, puis a été l’un des fondateurs, en 2006, de la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord. C’est à la suite d’un événement tragique dans sa vie qu’il a changé de vocation et est passé à l’autre bout de la vie.

De la naissance à la fin de la vie

Dr Rouleau était obstétricien lorsqu’il a eu un grave accident de voiture en 1990. Son épouse est décédée dans cet accident alors que lui a été gravement blessé et que leur fils de 2 ans ½ s’en est sorti sans blessure. Il a dû être en réhabilitation pendant deux ans alors qu’il avait été déclaré quadriplégique. Il souligne avoir eu beaucoup d’amour de sa famille, de ses amis et de ses patients durant cette période. Avec la perte de sensibilité et de dextérité à une main, il ne pouvait plus faire d’accouchement. « J’ai dû faire le deuil de ma femme, de ma santé et de ma profession. Quand je l’ai assumé, il était clair pour moi d’aller à l’autre bout de la vie et d’aider les personnes en fin de vie. La vie et la mort sont deux passages qui se ressemblent beaucoup », soutient le médecin.

De l’empathie

Ayant vécu lui-même la souffrance physique et le deuil, il est assuré que ça lui donne de la crédibilité auprès des patients et des familles qui devront vivre un deuil. Lorsqu’il a créé le département de soins palliatifs à Saint-Jérôme, il avait de la facilité à se mettre à la place du patient qui souffrait, mais il ajoute qu’il n’était pas commode envers le travail de certains médecins. « J’ai connu des médecins qui n’étaient pas toujours gentils et ça me choquait. Avec le temps j’ai appris à me tempérer et j’ai développé une façon de faire. Lorsque nous avons ouvert la Maison avec toute l’équipe de médecins, nous sommes sept, et avec le personnel et les bénévoles, nous travaillons tous pour la qualité de vie et non pour la quantité et nous avons tous la même approche.

Lorsqu’on entre à la Maison de soins palliatifs de la Rivière-du-Nord, on ressent le calme et la sérénité. Les familles ont accès à toute une équipe qui leur apporte soutien, réconfort et accompagnement, le tout dans une atmosphère paisible.

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