Sommes-nous les dindon, le destin… ou bien la farce?

Par Alain Messier

François Landry, professeur de littérature, athée et peuplier faux tremble à ses heures… a écrit un livre qui a retenu toute notre admiration. Il a tout simplement réécrit les Évangiles sous la forme du roman, en empruntant ce que nous qualifions de l’effet Yvon Deschamps.

Sous un prétexte fallacieux, l’auteur nous entraîne avec un humour décapant dans les péripéties de «la gang de Chris» entendre ici le Christ, cette «gang de rue» qui saura vous séduire par ses actions jubilatoires que conduit la plume de l’auteur dans un style littéraire puissant qui au détour de plus d’une phrase, vous surprendra allègrement et vous soutirera maints sourires et même quelquefois des éclats de rire que vous ne pourrez vous empêcher de réprimer. Je pense ici à son soldat romain qui se rendit en Gaule en mission pour y maintenir la paix et qui découvrit les habitants de Meaux, «Vous savez comment se nomment les habitants de Meaux?» Les mauviettes? Non, tenez-vous bien: les Meldoix, dont la devise est meldoix un jour, meldoix toujours…» Contrairement a beaucoup d’auteurs qui écrivent des propos sexuels qu’ils veulent déguiser en sensualité, l’auteur emprunte une voie plus subtile avec cette qualité que des écrits sensuels se transforment en sexualité débridée sans jamais que ces descriptions ne soient vulgaires ou étrangères au texte. Elles s’y insèrent parfaitement, comme une scène de nu dans certains films, alors que le même nu dans un autre film, serait du sexe triste et gratuit. Cette intelligence d’écriture ne peut que rejaillir sur le bien-être du lecteur avec le plaisir de la découverte de la langue française dans son génie et de la poésie des mots, «des artisans sans clientèle, des boulangers enfarinés, des bouchers sanglants, des maçons vaseux, des forgerons bien cuits et des charpentiers très rabotés complétaient le tableau». L’auteur nous transmets sa culture par de petits clins d’oeil, dans un habile mélange des genres et des époques, l’histoire, sauce Landry.

Ce livre est magique. Tout dans ce roman est bonheur, avec pour conclusion une saveur philosophique.

Enfin pas tout… Il y a bien des péchés véniels… mais le péché mortel, serait de suivre le conseil d’un des personnages du roman: Josué, qui dit: «Mon ordinaire se constitue de privations de toutes sortes», n’adoptez pas cette manière d’être, ne vous privez pas d’une belle lecture et d’un auteur que nous aimerions lire à nouveau dans une prochaine oeuvre.

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