Sonia Del Rio et Claude Normand embelliront la maison de Claude-Henri Grignon

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Par Martine Laval
Sonia Del Rio et Claude Normand embelliront la maison de Claude-Henri Grignon
Sonia Del Rio (Photo : Martine Laval)

Sainte-Adèle

Sonia Del Rio, danseuse de ballet espagnol et de flamenco reconnue mondialement et son mari, Claude Normand, ex-caméraman à Radio-Canada pendant plusieurs décennies, viennent de faire l’acquisition de la maison ancestrale de Claude-Henri Grignon au sommet de la rue Morin, à Sainte-Adèle.

 

Après sept ans de vie en France dans la région de la Charente-Maritime, voilà que les Québécois d’origine reviennent au bercail auprès de leur fils Sébastien. À l’âge où l’on se départit bien souvent de ses biens pour aller vivre la saison ultime de sa vie dans un environnement qui permettra de se la couler douce, le couple a au contraire la tête emplie de projets. Dans cette maison qui leur inspire le respect des ancêtres, leur plan est d’en faire un petit bijou qui reflétera leur âme artistique.

« Nous y organiserons des soirées littéraires, musicales et poétiques entre amis comme nous l’avons toujours fait dans nos résidences », raconte celle qui a marqué l’histoire artistique de Montréal et du Québec. Elle a, en effet, formé plusieurs générations de danseurs et encouragé maints artistes, musiciens et poètes – Gaston Miron, Gérald Godin, Pauline Julien – à débuter leur carrière au café-concert La Chaconne, coin Ontario et Saint-Denis, un rendez-vous culturel réputé du Montréal des années 80, dont elle était propriétaire avec son mari.

La belle vie

« On a eu une belle vie! », s’exclame Sonia Del Rio qui fut également chorégraphe à l’Opéra de Montréal, à l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal et au Rideau Vert.

Alors que son mari, Claude Normand, a lui aussi vécu une brillante carrière, la bibliothèque en bois de Colombie où écrivait Claude-Henri Grignon sera son univers. Il pourra y classer les archives de ses nombreuses années d’accomplissement au service de Radio-Canada et y placer les photos de ses illustres rencontres. Il a d’ailleurs filmé « Les Belles Histoires des Pays-d’en-Haut », la version de son époque diffusée sur la chaîne nationale. Les coïncidences de la vie sont tout de même incroyables, puisqu’il vibrera de ses souvenirs dans la même pièce que celui qui a écrit l’histoire qu’il a immortalisée sur pellicule.

Quant à Sonia, elle se réserve une petite chambre sous les pignons pour reproduire à sa façon, la chambre d’une femme qu’elle admire, Georges Sand, illustre écrivaine qui a côtoyé les plus grands compositeurs et écrivains comme Frédéric Chopin et Alfred de Musset. « Nous garderons l’ambiance de la maison et en préserverons l’âme artistique, déclare Sonia Del Rio. Nous en embellirons les toits, les volets, le jardin, mais préserverons son caractère historique du 19e siècle, début du 20e », dit-elle.

Et l’avenir ?

Quant aux projets de celle dont la carrière s’est déployée depuis les cabarets montréalais jusqu’à la Scala de Milan et qui en 1998, a reçu, au nom de sa Majesté le roi d’Espagne Juan Carlos 1er, El Lazo de Dama de la Orden de Isabel la Catolica et le titre honorifique d’Illustrisima Senora Dama Sonia del Rio, ils vont de conférences sur la danse, et de concerts de castagnettes, à des cours de danse pour aîné-e-s, et qui sait quoi d’autres encore. « La flamme est toujours dans mon cœur et j’aime la vie », affirme la danseuse de flamenco, convaincue de pouvoir encore contribuer à son art.

Celle qui s’est vue hissée au sommet de son art par le grand chorégraphe et historien de la danse, José de la Vega, parmi les quatre danseuses non espagnoles, n’a jamais oublié ses racines abitibiennes.

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