Sophia Banks quitte le Québec

par Ève Ménard
Sophia Banks quitte le Québec
Le café végan, situé à Val-David, a dû fermer ses portes en raison d’attaques personnelles répétées envers sa propriétaire.  (Photo : Sandra Mathieu)

Attaques répétées

En juin dernier, Sophia Banks ouvrait officiellement son café végan à Val-David avec sa conjointe. En août, elle publiait un message critiquant la loi 21 sur la laïcité. À la fin du même mois, elle avait pris la décision de fermer ses portes.

 

Selon un article publié à ce sujet par La Presse, dès l’ouverture, le restaurant a été la cible d’actes de vandalisme. Puis, c’est définitivement après s’être prononcé au sujet du débat sur la laïcité que les choses ont pris une toute nouvelle ampleur. La femme s’était dite inconfortable de vivre au Québec depuis que la loi 21 avait été votée.

Une combinaison de facteurs

Transgenre, anglophone originaire de Toronto, végane et queer, Sophia Banks a subi de nombreuses attaques personnelles sur les réseaux sociaux, notamment sur ses opinions religieuses et sur son identité de genre, selon l’article de l’Huffington Post. En plus des critiques négatives en ligne, cette haine se manifestait aussi dans la vie réelle alors que le café subissait d’autres actes de vandalisme répétés : bouteilles de vitre cassées, poubelles renversées ou terrasse vandalisée.

Par ailleurs, la femme a mentionné aux médias être arrivée au point qu’elle ne savait même plus si les attaques provenaient d’un motif précis ou si ce n’était pas plutôt une combinaison de tous ces facteurs.
Lorsqu’elle s’est confiée à La Presse, Mme Banks a avoué vivre de l’anxiété tous les matins lorsqu’elle mettait les pieds dans son restaurant, par peur d’avoir été victime d’actes haineux, une fois de plus. Le couple a rapidement cessé de se sentir en sécurité dans son environnement de travail.

Un triste dénouement

Le 24 septembre dernier, la femme a publié sur son compte Twitter un message officiel confirmant la fermeture du café. Elle a mentionné que la situation était très frustrante, mais que c’était le choix à faire pour assurer sa sécurité et celle de sa famille. Elle a aussi affirmé qu’elle ne regrettait aucunement avoir critiqué publiquement la loi 21, croyant essentiel de se prononcer contre les lois racistes qui s’attaquent aux minorités.

Le couple a pris la décision de quitter le Québec, après y avoir habité pendant quatre ans, et de s’installer en Colombie-Britannique. Les deux femmes n’ont pas envisagé de porter plainte à la police, malgré la pression de leur entourage, étant donné qu’elles n’ont pas confiance dans les forces de l’ordre.

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