Sous le soleil de Californie, à Saint-Sauveur!

Par Pierre Birlichi

Vendredi dernier, notre chroniqueur Vin, Pierre Birlichi a été convié à découvrir, pour Accès, les vins de Kevin Buckler au Restaurant le Marabou de Saint-Sauveur. De la grande Californie… à son zénith.

Avec ses 3.5 hectares, le Domaine Adobe Road est tout petit. Mais son propriétaire, Kevin Buckler, a de l’ambition à revendre pour son vignoble de Sonoma. Comme tout bon propriétaire d’une écurie Porsche, cet ancien vainqueur des 24 heures du Mans a affiché haut et clair son ambition : Devenir le numéro 1 de Sonoma. Avec un terroir exceptionnellement chaud le jour et très frais la nuit, Kevin et Debra Buckler s’associent avec Jon Jones, l’un des pères œnologiques de Opus One, et réussissent à élever « leurs vins de garage » au-delà des 90 points attribués par le Wine Spectator. Avec souvent plus de 14.5 degrés d’alcool, j’ai été frappé par les équilibres de chacune des cuvées qu’il m’a été donné de déguster dans le cadre chic où la cuisine inspirée a pris pension à Saint-Sauveur. Jugez plutôt.

Le Pinot Noir 2006 affiche 15.3 degrés. A l’œil, il est lumineux, et tend vers le rubis. Pas besoin d’avoir la péninsule de Cyrano pour apprécier la fraicheur, les petits fruits et le caramel. En bouche, l’attaque est souple, fruitée, épicée. Le tout est à la fois riche et discret. Aucune hésitation.

Le Zinfandel Sonoma County 2005 est celui auquel le Wine Spectator ne donne que… «90 points». Il restera longtemps dans ma mémoire. Grenat foncé à l’œil, son nez toujours frais laissait perler la vanille bourbon, le caramel et le menthol. Sur la langue, la personnalité de Kevin commence à se confirmer. Précision des tanins fins, un bois joliment fondu, et un fruit à pleine maturité soutiennent un vin généreux. Une très belle découverte.

La Syrah Sonoma County 2005 et ses 16.2 degrés d’alcool, frisent avec le vin doux naturel. Avec des cerises noires à l’œil, on présuppose que le vin en a sous la pédale. Un nez franc, net et précis introduit un vin tout en équilibre, plein, dont la longueur s’étire langoureusement sur des fruits noirs saoulés de soleil, et des baies sauvages domestiquées par le talent. Pour qui veut réunir puissance et élégance dans un même flacon. Aucune hésitation à se faire du bien.

J’attendais les 2 cuvées de Cabernet, Franc et Sauvignon, avec impatience, comprenez au tournant.

Le Cabernet Franc 2005, avec ses 14.3 degrés, renvoie la lumière tel un trou noir observé à travers la lunette d’Hubble. Le nez, très bordelais, est fin, salin, fruité. La bouche est onctueuse. Le vin, viril mais délicat, flirte avec la langue. Voilà donc un terroir où le cabernet franc devrait étendre ses racines dans les prochaines années. Je suis prêt à gager que le soleil californien devrait permettre à ce cépage avide de soleil de s’exprimer pleinement et de surprendre plus d’un connaisseur. A découvrir absolument.

Le coup de grâce me fut donné par le Cabernet Sauvignon 2004, Knight Valley. Avec ses 93 points au Wine Spectator et un prix largement justifié, ce vin est l’une des meilleures affaires qu’il sera donné de faire aux amateurs de Napa. Je vous laisse la surprise de l’apprécier comme la plus part des autres, avec la cuisine créative d’Olivier Vigneault du Marabou sur Principale ou bien de prendre contact avec son agent, Benoît Lecavalier au +1 514 913 5405 pour réserver quelques caisses sans tarder de ces importations privées (pour le moment).

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