(Photo : RIDERS ON BOARD)
Karine Dazé respire le bonheur à la veille d’être entraîneuse aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina d’Ampezzo.

Une Piedmontaise dirigera l’équipe brésilienne de demi-lune aux Jeux olympiques

Par Luc Robert

La Piedmontaise Karine Dazé deviendra dans quelques jours la première dame à diriger une équipe de surf des neiges (style demi-lune) aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina d’Ampezzo… sous les couleurs du Brésil.

La Québécoise gérera sur place les élans de deux athlètes, de 20 et de 31 ans. Le plus prometteur semble être le cadet, Augustinho Teixeira, dont la progression ne cesse de s’afficher.

« Gus demeure notre principal espoir et il a beaucoup progressé. Il réussit très bien les manœuvres de 1 440 degrés et est rendu à l’apprentissage des sauts plus compliqués. Il apprend rapidement les doubles et triples vrilles. On se concentre aussi sur les atterrissages. Il ira en Italie avant tout pour l’expérience, mais son talent demeure indéniable. On continue à le développer. Il a été initié à la planche par ses parents à 4 ans, en se joignant à son frère », a commenté Dazé.

À l’instar des Jamaïcains qui évoluaient en Bobsleigh sans qu’il n’y ait d’installation et de neige dans cette île des Caraïbes, Dazé avoue que l’aventure de Teixeira en surf des neiges lui a été comparée par plusieurs observateurs à celle des Antillais.

« Gus s’est entraîné en Argentine, aux États-Unis et au Canada. Il reste un précurseur de ce sport au Brésil », a-t-elle confirmé.

Le rêve

Dazé caressait de son côté le rêve de devenir un jour entraîneuse jusqu’au niveau olympique.

« Il devient réalité. J’adore me trouver sur la neige. Le Brésil m’offre l’occasion de me rendre aux Jeux olympiques et ça comble mes espérances. Depuis six mois, ça a été très intense, en Chine, en Autriche et ailleurs sur le circuit de la Coupe du monde. On repart le lundi 3 février pour Laax, en Suisse, pour nos derniers jours de préparation pour les Jeux. Le 5 février, nous arriverons à Livigno, en Italie, une station balnéaire située à plus de 1 800 m d’altitude. Arriver à l’avance va nous permettre de s’ajuster au décalage horaire européen et aux hauteurs. Les cérémonies d’ouvertures des Jeux sont prévues le 6 février, dans 4 villes à la fois, avec un spectacle de drônes, de sons et de lumières. Les compétitions proprement dites se tiendront du 11 au 13 février », a précisé la native des Laurentides.

Une pionnière

Le snowboard demi-lune a fait ses débuts en 1998, aux Jeux olympiques d’hiver de Nagano, au Japon. Dazé profitera cette fois des Jeux tenus en Italie pour participer à une autre première.

« Je deviendrai la toute première femme entraîneuse de surf des neiges en demi-lune aux Jeux olympiques. C’est impressionnant de briser une barrière de verre. J’espère que ça incitera plus de dames à s’impliquer dans le milieu. Je le fais avant tout par passion. Mes parents sont impliqués dans le ski depuis toujours. Ma sœur Maryse et moi déambulions déjà dans la cour familiale en ski à l’âge d’un an. Mon père Gilles et ma mère Lise Bourgie ont été nos inspirations dans les sports de glisse. Mon père a enseigné le ski pendant 50 ans dans les Laurentides. Et comme le papier carbone, il nous a passé sa passion des sports en montagne. »

Stage… permanent

Il y a près d’un quart de siècle, Dazé débarquait à Calgary pour un stage de planche à neige : elle s’y est établie depuis pour de bon.

« Je me suis présentée en Alberta pour des camps d’entraînement pour un seul hiver. 23 années plus tard, je me trouve toujours au cœur de cette communauté vibrante et unique, où je peux pratiquer la planche à mon goût, dans un environnement de santé et d’entraînement au Parc olympique. Ma sœur Maryse pratique le ski et elle travaille dans la Ligue canadienne de football (LCF), comme gérante des événements », a détaillé l’aînée des sœurs Dazé.

Gérance quotidienne

Dazé ne se contente pas d’être entraîneuse en demi-lune. Elle gère le club planchiste Riders on board à Calgary, en compagnie de Jared Anderson, le fils de la fondatrice de l’entreprise, Beth St-Amour.

« On parle d’un club délocalisé dans trois villes, soit à Calgary, à Red Deer et à Edmonton. Nous dénombrons 400 athlètes et une soixantaine d’entraîneurs. On a aussi ouvert un endroit de skate-board intérieur, nommé The Compound, dotée d’une trampoline pour les activités hors-saison », a-t-elle achevé.

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