Ste Adèle «André Mongeau doit partir!», selon une conseillère municipale

Par Andre Berard

Crise à l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle

La crise politique qui secoue actuellement l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle connait un revirement important avec la prise de position publique de la conseillère Barbeau sur les agissements du directeur général André Mongeau.

Josée Barbeau, conseillère municipale du district no 1, est catégorique: «le directeur général doit quitter ses fonctions immédiatement». Consciente des vagues que soulèvera sa sortie publique dans les couloirs de l’Hôtel de Ville, la conseillère dit néanmoins être prête, car elle en a assez de cette situation: «le conseil est divisé, le climat est tendu. Pour moi, il est clair que M. Mongeau doit quitter son poste. Il est le premier cadre de la Ville, sa fonction lui interdit tout comportement qui pourrait porter atteinte à l’intégrité de l’administration municipale, même s’il ne s’agit que d’apparence de conflits d’intérêts. Un directeur général doit donner l’exemple et être au-dessus de tout soupçon.» Elle ajoute sur le même ton déterminé: «Je crois qu’il est temps que la population connaisse la position des conseillers.»

Selon la conseillère, l’affaire Mongeau marquera à la fois le paysage politique de Sainte-Adèle et le conseil municipal: «Cette crise ébranle le conseil. Elle modifiera la dynamique qui existe entre ses membres. Nous sommes à un point de non-retour, nous parlerons désormais d’un avant et d’un après Mongeau. Cette histoire a causé des dégâts, certains seront irréparables.»

Tenant à préciser qu’elle parle en son propre nom, la conseillère Barbeau dit toutefois partager sa position avec le conseiller Pierre-Antoine Guinard du district no 2.

Questionnée sur les raisons qui l’ont poussé à faire connaître publiquement sa position alors que les autres membres du conseil observent un silence embarrassé, la conseillère répond: « Par respect pour les citoyens et aussi parce que c’est mon devoir de le faire. J’aurais souhaité l’exprimer plus tôt, mais je n’avais pas la possibilité de le faire. J’ai donc choisi de le faire maintenant, à travers cette démarche.» Elle poursuit du même souffle: «J’ai les pieds solidement ancrés dans mes convictions. Je suis en paix avec ma position et prête à en assumer la portée. Pour moi, l’essentiel, c’est d’être conséquente avec mes valeurs.» Mme Barbeau se dit de plus très sensible au sentiment d’impatience exprimé par les citoyens et croit que les conseillers tardent trop à réagir: «L’attente, c’est assez. C’est le droit des citoyens de savoir ce qui se passe. C’est eux qui nous ont élus. C’est une simple question de respect.»

Nous savons qu’une enquête interne sur les agissements de M. Mongeau sera menée par le cabinet d’avocats Prévost, Fortin, D’Aoust, une firme associée à la Ville de Sainte-Adèle. La conseillère Barbeau refuse de commenter cette enquête, mais soutient toutefois que ses conclusions ne changeront rien à sa position: «Que les résultats soient favorables ou non à M. Mongeau ne changera rien à ma décision. Il doit partir.»

La conseillère Josée Barbeau est présidente de la commission Plein air et environnement, de la Société du parc régional (SOPRÉ) et membre du comité aviseur en environnement.

Fervente partisane de la démocratie participative, elle croit en une approche plus ouverte de la politique municipale où le citoyen serait au centre des préoccupations. Plusieurs de ses positions divergent de celles du conseil municipal, notamment en ce qui a trait au développement immobilier: «Nous sommes arrivés à un point où il faut se repositionner, revoir certaines approches, par exemple, celle du développement immobilier. Nous devons réfléchir aux moyens qui permettront un développement plus harmonieux pour ceux et celles qui vivent à Sainte-Adèle.» La sortie publique de la conseillère Barbeau aura-t-elle un effet d’entraînement sur les autres membres du conseil? Seul l’avenir nous le dira. Une chose est certaine: l’administration Cardinal vit une période charnière de son histoire et la prise de position publique de la conseillère Barbeau en ouvre un nouveau chapitre.

Bref rappel

des événements

Le 22 juin dernier, Accès rendait publics des documents reçus à ses bureaux, qui pourraient démontrer qu’André Mongeau, directeur général de la Ville de Sainte-Adèle, avait l’utilisation d’une voiture enregistrée au nom d’un promoteur immobilier bien connu à Sainte-Adèle. L’employé municipal affirmait alors qu’il existait une entente écrite de sous-location entre lui et le promoteur et qu’il effectuait des paiements mensuels en comptant. Document qui figurait dans l’article publié dans Accès.

Le maire Cardinal annonce dans les hebdos locaux la démission volontaire du fonctionnaire. Quelques jours plus tard, M. Mongeau publiait, de son propre chef, un communiqué signé de sa main et affichant les couleurs de la Ville qui contredisait l’annonce de son départ.

Troisième retournement: par voix de communiqué, le maire Cardinal maintient sa version des faits et réaffirme que le directeur général avait bel et bien annoncé sa démission volontaire. Il déclare également que l’avenir de M. Mongeau est désormais entre les mains du conseil.

La firme d’avocats Prévost, Fortin, D’Aoust a été mandatée pour mener une enquête interne sur les agissements du directeur général de la Ville.

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