Subventions salariales pour entreprises: Les chambres de commerce inquiètes

Par Antoine Gascon
Subventions salariales pour entreprises:  Les chambres de commerce inquiètes
Sonya Ethier, directrice générale de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce de Sainte-Adèle (CCSA) se disent satisfaites des précisions apportées par le gouvernement fédéral relativement au programme de subventions salariales à hauteur de 75% et de l’écoute du premier ministre Trudeau envers les demandes du milieu économique. 

Toutefois, la FCCQ et la CCSA soulèvent une inquiétude par rapport au critère d’application exigeant une baisse de revenus d’au moins 30% pour bénéficier de cette mesure

La FCCQ et la CCSA avaient rapidement souligné que ce programme devait viser non seulement les PME, mais également les grandes entreprises qui sont essentielles à l’économie québécoise, ainsi que les OBNL comme les chambres de commerce qui jouent un rôle important pour soutenir les entrepreneurs dans le contexte de la crise actuelle. 

Cependant, pour beaucoup d’entreprises, la facturation des contrats ne se fait pas nécessairement chaque semaine ni chaque mois, alors que le besoin financier est immédiat afin d’éviter les mises à pied. 

Par ailleurs le critère de calcul de la perte de revenus retardera l’admissibilité au programme pour de nombreuses entreprises de services professionnels ou manufacturiers, qui sont payées à la livraison. 

« C’est un élargissement apprécié du programme, mais la FCCQ soulève un drapeau jaune sur l’admissibilité et l’efficacité. Il faudra que la subvention soit versée le plus rapidement possible aux entreprises par des mécanismes simples. Plutôt que de devoir démontrer en amont du processus une perte de revenus de 30%, nous suggérons que la subvention soit versée à toute entreprise qui s’estime admissible et en fait la demande, avec la vérification des pertes de revenus reportée à plus tard et obligation de remboursement si la démonstration de perte de 30% n’est pas démontrée », a expliqué Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ. 

La relance économique sera difficile à surmonter

Près d’un million de personnes se sont inscrites à l’assurance-emploi dans les derniers jours. 84 % des chambres de commerce ont enregistré une perte de revenus, qui ne sera pas récupérable pour la majorité d’entre elles. Par conséquent, la moitié des chambres (48 %) a déjà dû effectuer des mises à pied. « Une grande partie de nos commerçants ont déjà perdu, à ce jour, plus de 30 % de leur revenu. Nous craignions le pire quant à l’avenir de leur entreprise. La relance économique sera difficile à surmonter pour la plupart d’entre eux. Le gouvernement se doit de réagir rapidement et d’accorder une aide financière à nos commerçants. », a souligné Sonya Ethier, directrice générale de la CCSA.

« Les vérifications ne doivent pas retarder le versement de la subvention. La FCCQ suggère aussi d’utiliser le mécanisme déjà existant des prêts garantis pour verser les subventions. Nous proposons ainsi au gouvernement de passer des ententes avec les banques pour que celles-ci puissent prêter aux employeurs pour continuer à verser un pourcentage des salaires. Sur présentation des relevés des salaires, le gouvernement ferait lui-même le remboursement des prêts. Le gouvernement n’aurait alors qu’à gérer le lien avec les banques et les entreprises n’auraient qu’un seul point de contact pour toute aide », a détaillé M. Milliard. Sondage de la FCCQ sur les impacts de la COVID-19 La FCCQ et la CCSA dévoilent également aujourd’hui un sondage qui confirme l’effet dévastateur de la COVID19 sur nos entreprises et sur l’économie québécoise.

Pertes de revenus colossales

 Le coup de sonde effectué auprès des membres de la FCCQ, du 20 au 26 mars, indique notamment qu’un tiers des entreprises ont déjà perdu plus de la moitié de leurs revenus. 

« Les chiffres que nous avons obtenus témoignent de pertes de revenus colossales pour les entreprises. La moitié des répondants affirment avoir subi une baisse des revenus supérieure à 30 %, correspondant au critère établi par le gouvernement pour être admissible aux subventions salariales. Il est essentiel que des entreprises ne tombent pas entre les mailles du filet en raison de l’application de ce critère », souligne Charles Milliard. « Pour 20 % des entreprises sondées, c’est le 3/4 de leur chiffre d’affaires qui a disparu. Cela entraîne une grave crise de liquidités chez les entrepreneurs, qui identifient d’ailleurs cet enjeu comme le principal impact de la COVID-19 après la diminution de revenus. » 

À ce jour, comment évaluez-vous la baisse de revenu de votre entreprise ou de votre organisation liée à la crise COVID-19 ? 

Tout près de la moitié des répondants (49 %) ont affirmé avoir déjà procédé à des mises à pied temporaires. Les perspectives à court terme ne sont guère plus encourageantes, alors que 67 % des entreprises prévoient effectuer de nouvelles mises à pied au cours du prochain mois et 61 % anticipent une baisse de la demande. 

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