Sur les traces d’un détective

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Par Cynthia Cloutier Marenger
Sur les traces d’un détective

Parution du dernier ouvrage de l’historien sauverois Alain Messier

En novembre dernier paraissait chez Guérin le quatrième ouvrage de l’historien sauverois Alain Messier, Georges Farah-Lajoie. Le détective venu d’Orient, à la fois biographie d’un homme au parcours peu commun et portrait du Montréal criminel du début de 20e siècle. Pour l’occasion, Accès s’est entretenu avec l’auteur aux mille projets.

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C’est alors qu’il lisait une biographie consacrée au Montréalais Wilfrid Derome, premier médecin légiste d’Amérique du Nord et fondateur du Laboratoire de recherches médicolégales en 1914, qu’Alain Messier a pour ainsi dire rencontré Georges Farah-Lajoie. «Le biographe parlait toujours du “fameux” détective qui travaillait avec Wilfrid Derome, dit-il en riant. Ça m’a rendu curieux.»

 

Entamant des recherches, l’historien a découvert un personnage d’un grand intérêt, ayant marqué l’imaginaire collectif et la presse de son époque, «l’un des plus brillants limiers qu’ait connus [Montréal]», selon un quotidien de la métropole, «un homme que craignaient les criminels», selon un second.

 

Un détective respecté

Né à Damas, en Syrie, en 1876, Georges Farah, dit Lajoie – «farah» signifiant «joie» en arabe –, arrive à Montréal en 1899. Trois ans plus tard, décidé à bien intégrer sa société d’accueil, celui qui parle parfaitement français pour avoir étudié chez les Pères Blancs de Sainte-Anne de Jérusalem épouse une Canadienne française, Marie-Anna Chartré, de qui il aura neuf enfants.

 

Petit commerçant, Georges Farah-Lajoie a l’ambition d’améliorer sa condition. Pour ce faire, il décide donc de joindre la police de Montréal, laquelle l’engage en 1906, non sans lui avoir fait quelques difficultés. Le nouvel agent se démarque rapidement par sa bravoure et l’efficacité de son travail. Dès 1910, il est promu détective de la Sûreté de Montréal, où il se bâtit bientôt une réputation enviable.

 

Plusieurs résolutions de crimes l’amènent à développer sa notoriété. C’est toutefois l’affaire Delorme, qualifiée de «procès du siècle», qui fait le plus de bruit: grâce à sa méthode d’enquête basée sur la déduction et l’analyse de preuves médicolégales, Farah-Lajoie accuse l’abbé Adélard Delorme du meurtre de son frère. Le clergé catholique ne le lui pardonnera pas…

 

L’après Farah-Lajoie

Ayant eu accès aux archives et aux dossiers policiers de la ville de Montréal ainsi qu’aux archives de la famille Farah-Lajoie, Alain Messier, dont les recherches sont une «nourriture intellectuelle», s’est servi de la biographie du célèbre détective pour aborder la vie criminelle montréalaise du début du 20e siècle.

 

Le prochain livre du prolifique auteur et historien, déjà écrit, reste dans une veine semblable: celle des liens entre médecins et crime organisé. Quant à ses autres projets en cours, l’un d’eux concerne l’histoire du Québec racontée par les animaux.

 

Enfin, près de nous, Alain Messier donne de son temps à l’organisation du 150e anniversaire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dont il est membre de la Société d’histoire. Avis à ceux qui aimeraient le rencontrer lors des célébrations: il risque d’être déguisé en Joseph Masson!

 

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