Thé vert… de rage!

Par Yves Guezou

C’est un coup de gueule que je me permets cette semaine, amis gastronomes. Les plaisirs de la bouche, ceux qui du moins nous intéressent dans cette chronique, passent évidemment par le circuit du commerce et de la vente. À moins de faire pousser ou d’élever nous-mêmes, il nous faut passer à l’épicerie pour nous procurer les ingrédients nécessaires à nos préparations préférées. Hors, nos « amis » producteurs alimentaires en gros, et je parle ici des très peu nombreux consortiums qui régissent l’empire alimentaire mondial, n’ont aucun scrupule à nous faire avaler n’importe quoi, dans tous les sens du terme, pour nous vendre leur marchandise! La dernière en date? Le thé vert. Regardez bien, ça arrive en catimini dans un ou deux produits de consommation courante pour le moment mais d’ici quelques semaines vous en trouverez dans tout ce qui se mange, se boit et se fume, pourquoi pas? La raison? Un hurluberlu, seul ou en équipe, scientifique à la petite semaine ou jeune loup dans une agence de pub, a découvert que le thé vert possède des vertus amaigrissantes. Et d’y aller tous azimuts pour envahir le marché de ce nouveau produit miracle. Pas si nouveau que cela car les dites-vertus sont connues depuis des siècles de certaines cultures asiatiques. Mais c’est nouveau chez nous et, à l’heure ou l’obésité dépasse en importance l’amincissement de la couche d’ozone ou l’atrophie des ressources en eau potable de la planète, cette petite herbe qui fait perdre des kilos à qui voudra le croire, c’est la plante magique qui va engraisser les consortiums dont je parle plus haut.

L’intention serait louable si elle était fondée. Consommer pour maigrir quel bonheur s’il suffisait de ça pour perdre quelques livres (car nous grossissons en kilos et nous maigrissons en livres, c’est bien connu) Mais le marché ne tient pas compte du louable, seulement du vendable. Alors, sous prétexte que le thé vert fait maigrir, on en ajoute dans le yogourt, dans certaines boissons, ça s’en vient bientôt ou déjà dans les céréales en attendant l’inondation totale de la palette alimentaire. Ce qui cloche dans le processus c’est qu’un yogourt avec ajout de thé vert, contient la dose indiquée pour faire perdre 3/1000e de micros-grammes à une fourmi anorexique. Je veux dire que l’indication thé vert sur n’importe quelle étiquette des tablettes de votre épicerie est UNIQUEMENT là pour vous faire acheter et pas pour vous faire maigrir. Le procédé n’est pas nouveau, nous sommes encore dans la vague du «zoméga3» qui est sans nul doute excellent pour la santé. Et que dire des aliments sans gras trans annoncés sur l’étiquette mais qui n’en possèdent pas de toute manière. Chaque deux ou trois ans, on nous catapulte un nouveau produit phénoménal ou un régime prodigieux dont le but ultime est de nous faire acheter, acheter et encore acheter!

Il ne faudrait tout de même pas prendre le consommateur pour l’idiot du village global!

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